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329. Pourquoi j'ai choisi un accouchement à domicile

Anne-Laure Schneider Episode 329

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Pour mon 6e accouchement, j’ai choisi un AAD, accouchement assisté (ou accompagné) à domicile, c'est-à-dire que j'ai souhaité accoucher à la maison avec l'aide dune sage-femme.

C'est un sujet hautement controversé, et j'entends déjà certains d'entre vous s'affoler au sujet de ma sécurité et de celle de mon bébé (ce ne sera donc pas une surprise que je n'aie pas évoqué ce sujet avant que la naissance ne soit passée…).

Mais moi-même il y a 16 ans, je n'aurais jamais imaginé accoucher chez moi, ce n'était même pas un sujet dont on parlait vraiment… et si j'avais croisé une de ces mamans qui accouchaient à domicile, je l'aurais prise pour une irresponsable.

Qu'est-ce qui m'a fait changer d'avis, alors que je suis quelqu'un de plutôt rationnel, de formation scientifique et que je ne souhaitais pas prendre de risque, ni pour moi, ni pour mon bébé ?

Abordons donc aujourd'hui les raisons pour lesquelles on peut choisir un accouchement à domicile, la grande question de la sécurité de ces accouchements et enfin les démarches à faire lorsqu'on prépare un tel accouchement. Je vous préviens, vous risquez d'être surprise !

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Liens évoqués pendant l'épisode :

Podcast 328 : Le récit de mes 5 premiers accouchements à l'hôpital

Ressources sur la sécurité de l’accouchement : 

C’est mon accouchement ! de Floriane Stauffer Obrecht

Safer childbirth? A critical history of maternity care, de Marjorie Tew

Le bébé est un mammifère de Michel Odent

Pour une naissance sans violence de Frédéric Leboyer

Le guide de la naissance naturelle, d’Ina May Gaskin

La naissance en Occident, de Paul Cesbron et Yvonne Knibiehler

Accoucher par soi-même, de Laura K. Shanley

Études : 

Rachel Podd, Reconsidering maternal mortality in medieval England: aristocratic Englishwomen, c. 1236–1503

Chiffres de l’APAAD

Etude sur les taux d’intervention et de mortalité périnatale sur une cohorte de 680 000 femmes néerlandaises 

Méta-analyse américaine 

Revue américaine de la littérature internationale

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Accueil Et Sujet Controversé

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Bienvenue sur le podcast des Montessori 7, Montessori à la maison. Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ma mission, c'est d'aider les parents, les assistantes maternelles, bref, tous ceux que dans notre communauté nous appelons des souris 7, à mettre en pratique la philosophie Montessori chez eux, avec leurs enfants ou les enfants qu'ils gardent. Dans ce podcast, nous parlerons donc de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille, ce que l'on appelle aussi l'école à la maison, de co-schooling et de bien d'autres choses. Comme je vous l'ai annoncé dans mon podcast précédent, nous avons eu l'immense joie d'accueillir un petit colomban en février dernier. Je vous ai raconté dans l'épisode de 328 mes cinq accouchements précédents. Donc si vous ne l'avez pas encore écouté, je vous invite à le faire parce que ce dont je vais vous parler aujourd'hui est lié à ces cinq accouchements précédents. On ne peut pas dissocier l'expérience de ce sixième accouchement que j'ai vécu de l'expérience Et le sujet que nous allons aborder est éminemment controversé, j'en suis parfaitement consciente pour des questions de sécurité. Il s'agit de l'accouchement à domicile. Et plus précisément, pourquoi j'ai choisi un accouchement à domicile

UNKNOWN

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Par précaution, on va adopter les formules d'usage. Je vous rappelle que je ne suis pas professionnelle de santé, que ce n'est pas auprès de moi qu'il faut chercher un avis médical et que vous avez des professionnels de santé qui sont pour répondre à vos questions médicales, médecins, sages-femmes, etc. Ce n'est pas mon métier et donc rien de ce dont je vais vous parler aujourd'hui ne tient lieu de conseil médical. En revanche, je ne suis pas une hippie,

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Un Choix Gardé Secret

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new age... totalement allumée qui serait prête à prendre n'importe quel risque pour accoucher. Et donc, j'ose espérer que mon expérience, mon expérience de personne rationnelle, de formation scientifique, qui en plus a vécu la mort d'un de ses enfants, et donc qui n'était absolument pas prête à prendre de risques pour ce petit bébé qui allait naître, j'espère donc que mon expérience particulière va vous éclairer. Peut-être que ça va vous amener à jeter un autre regard sur l'accouchement à domicile. Et c'est tout que je demande. Alors que vous soyez enceinte ou pas, que vous connaissiez quelqu'un qui envisage un accouchement à domicile ou pas, je considère que c'est un sujet de société et qu'il est important d'en parler. Parce que moi-même, j'avais des idées très fausses sur l'accouchement à domicile au tout début, disons, de mon mariage. Alors, bon, il n'y a pas de... Spoiler, j'ai choisi donc d'accoucher à domicile pour notre petit Colomban. Et je vais vous expliquer pourquoi, mais avant tout... Il faut savoir que c'est une décision que j'ai gardée plus ou moins secrète jusqu'à l'accouchement. J'ai tenté d'en parler. J'ai tenté auprès d'une belle-sœur dont j'espérais qu'elle serait assez ouverte pour entendre ce que j'avais à dire sur ce sujet, pour pouvoir partager ça. J'ai tenté assez tard, dans la grossesse. Au départ, je n'étais pas prête à en parler. Et en fait, quand je lui ai dit, tu sais, on a prévu d'accoucher à la maison. Enfin, que j'accouche à la maison. Et elle Il m'a répondu « Non, non, tu ne vas pas faire ça. » Et je dois avouer que ça m'a... complètement coupé dans mon élan, autant dire que je n'ai plus rien à partager sur ce sujet, ensuite, avant l'accouchement lui-même, parce que j'ai bien senti toute l'inquiétude, toute la panique même qu'il pouvait y avoir à l'idée que j'accouche à domicile. Heureusement, on était en ville, il y avait des enfants, nos enfants respectifs, il y avait beaucoup d'agitation, et bref, on a pu changer de sujet assez facilement. Et je comprends ces inquiétudes-là, parce que moi-même, au départ, je partageais ces inquiétudes. au tout début de mes grossesses, donc à ma première grossesse, il était inimaginable pour moi d'accoucher à domicile. Je pensais que c'était beaucoup trop dangereux. Donc peut-être que ça vous intéressera de savoir ce qui m'a fait changer d'avis. Alors avant de poursuivre, il faut que je fasse une mise au point très claire. On distingue deux choses. Ce qu'on appelle les AAD, ce qui signifie

AAD Ou ANA Comprendre La Différence

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accouchement assisté, à domicile. Ce qui signifie qu'il y a l'assistance d'une personne formée au niveau médical. En France, il s'agit d'une sage-femme. A ma connaissance, il n'y a aucun gynécologue qui assisterait à un accouchement à domicile. AAD, ça signifie accouchement assisté à domicile. Et c'est ce dont je vais vous parler aujourd'hui. Tous les chiffres que je vais donner sont pour des AAD. A ne pas confondre avec des ANA, accouchement non assisté. Ou Une femme décide d'accoucher seule ou avec une doula, donc pas une personne formée médicalement, et donc on considère qu'elle accouche sans assistance médicale. Les chiffres ne sont pas les mêmes, les dangers ne sont pas les mêmes pour un AAD et un ANA. Encore une fois, tout ce dont je vais vous parler aujourd'hui concerne les accouchements assistés par une sage-femme à domicile. En France, c'est une question très tendue et controversée, mais dans d'autres pays, c'est un mode d'accouchement tout à fait reconnu, qui fait pleinement partie du parcours de santé pour des grossesses qui sont physiologiques. Alors avant d'aborder cette question des risques et de la sécurité, on va commencer par essayer de comprendre pourquoi on peut vouloir accoucher à domicile. Et là, il y a deux dynamiques qui se jouent. La première, c'est pour éviter quelque chose. Et la deuxième, c'est pour aller vers quelque chose. En général, les femmes qui souhaitent accoucher à domicile souhaitent ou bien ne pas revivre un traumatisme, ne pas prendre le risque d'un traumatisme à l'hôpital. Parce qu'il faut bien se dire qu'à l'hôpital, il peut y avoir des violences obstétricales. C'est malheureusement fréquent. Il peut y avoir des projets de naissance qui ne sont pas écoutés, qui sont totalement bafoués. Et puis, il peut y avoir certains projets de naissance qui ne sont tout simplement pas réalisables à l'hôpital. En tout cas, la première approche consiste à vouloir éviter un traumatisme. La deuxième, elle consiste à vouloir vivre une expérience plus belle, quelque chose de plus conforme à ce que l'on souhaite. Donc c'est on peut avoir un projet de naissance qui n'est simplement pas possible à l'hôpital. Par exemple, de vouloir

Traumatisme Évité Ou Rêve Réalisé

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accoucher dans l'eau. Beaucoup de baignoires en maternité permettent de faire le travail, mais ne sont pas prévus, ne sont pas suffisamment rendu sanitaire, on va dire suivant les critères de l'hôpital, pour permettre d'accoucher dans l'eau, l'hôpital n'est pas prêt à encadrer ce genre d'accouchement. Donc vous avez ces deux dynamiques, éviter un traumatisme ou aller vers quelque chose de plus beau, quelque chose dont on rêve. En ce qui me concerne, alors je n'avais pas du tout le projet d'accoucher dans l'eau, ça n'a jamais été mon projet, ça ne me tentait pas, mais c'est vrai que j'ai vécu des choses pas très marrantes à l'hôpital, et c'est ce que je vous ai raconté dans l'épisode 328. Par exemple, j'ai vécu un point du mari, ce qui est quand même l'une des pires expériences qu'on peut vivre après l'accouchement, sans qu'il n'y ait aucune raison médicale à cela. C'est-à-dire que c'est quelque chose de totalement arbitraire, mais qui peut vous provoquer des séquelles pour tout le reste de votre vie. Et puis, j'ai découvert que l'accouchement qui s'est le mieux passé, c'est l'accouchement je me suis totalement écoutée et je suis partie le plus tard possible à la maternité, avant d'être installée dans une baignoire, dans ma bulle, totalement respectée, je suis passée de 4 à 9 cm de dilatation en 2 heures ou 1 heure, je ne sais plus. Et puis, en 3 poussées, j'avais mon bébé dans les bras. Le deuxième accouchement le plus paisible, c'était lorsque j'étais avec un homme sage-femme qui, en fait, était trop occupé avec un autre accouchement pour s'occuper de moi. En gros, il m'a oubliée. Et c'est que ça a été le plus facile. À égalité avec un autre accouchement j'avais une sage-femme qui a soutenu à 100% mon projet de naissance et qui m'a laissée accoucher comme je le voulais. En tout cas, mes accouchements n'ont jamais été aussi paisibles que lorsque j'étais seule ou avec une sage-femme soutenante. Mais même dans ces accouchements-là, j'étais assez passive face à l'équipe médicale. Et j'avais besoin, pour des raisons qui me sont propres, de me sentir forte et capable. C'était quelque chose que je ressentais. Cependant, il n'était pas question pour moi, encore une fois, de mettre en danger la vie de mon bébé, ni la mienne d'ailleurs. Donc, qu'en est-il de la question de la sécurité C'est ce sur quoi j'ai passé le plus de temps aujourd'hui, parce que c'est l'objection principale aux accouchements assistés à domicile. En soi, personne n'a envie de reprocher à une femme enceinte de vouloir accoucher d'une certaine façon ou d'une autre. Ce qui nous inquiète, de façon légitime, c'est la mise en danger de la femme enceinte et des bébés. Et là, je vais... peut-être vous surprendre. Mais la réalité, c'est que pour une grossesse physiologique, et on va bien parler de grossesse physiologique, c'est-à-dire une grossesse qui se passe normalement, pour laquelle il n'y a pas de problème de santé anticipé. Par exemple, pas de pré-eclampsie. Ça n'est pas une grossesse multiple qui engendre plus de risques. Que ça n'est pas une grossesse après une césarienne, etc. Bref, pour une grossesse physiologique, et on va revenir sur ce que ça signifie et pourquoi certains accouchements ne sont pas conseillés Pour une grossesse physiologique, un accouchement à domicile est moins risqué qu'un accouchement en maison de naissance ou sur plateau technique, qui lui-même est moins risqué que

Grossesse Physiologique Et Sécurité

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l'hôpital public, qui lui-même est moins risqué que la clinique privée. Et souvent, on s'imagine l'inverse. Alors, je m'étais déjà rendue compte de ce dernier point, que l'hôpital public était moins risqué que la clinique privée, dès mon premier accouchement. Parce que j'ai comparé les chiffres. Alors, les chiffres de mortalité, ils sont similaires. On est arrivé... Sachez que je vais parler aussi des pays occidentaux, des pays dits riches. On ne peut pas comparer la situation avec la situation dans des bidonvilles ou au plein cœur de l'Afrique, etc. Donc, je vais parler de la situation dans nos pays occidentaux riches. Eh bien, dans ces pays-là, la mortalité maternelle, infantile, il n'y a pas de changement entre l'hôpital public et la clinique privée. En revanche, si vous comparez les taux d'intervention, les taux de césarienne, les taux d'épisiotomie, etc., il y a beaucoup plus, beaucoup, beaucoup plus d'intervention dans les cliniques privées qu'à l'hôpital public. Et ça, c'était déjà le cas il y a 16 ans lorsque j'ai accouché de mon aîné. Pourquoi Pour plusieurs raisons. Déjà parce qu'en clinique privée, on est suivi par un gynécologue en général et rarement par une sage-femme. Or, un gynécologue, et ça je vous invite vraiment à le retenir, c'est quelqu'un qui est chargé de la pathologie en obstétrique. Ça n'est pas une sage-femme qui est une gardienne de la physiologie de l'accouchement. Donc il est logique que pour une grossesse physiologique, la sage-femme soit l'interlocuteur le plus adapté, et que le gynécologue, le gynécologue obstétricien, lui, qui a tellement l'habitude de la pathologie, tellement l'habitude des interventions, va chercher parfois à faire des interventions qui sont totalement inutiles. par peur du risque, parce qu'ils ne maîtrisent pas bien la physiologie, parce que ce n'est pas son métier. Et en clinique privée, on privilégie le confort imaginé de la mère avant tout. Je dis bien le confort imaginé. C'est-à-dire qu'en gros, on va faire croire aux femmes, je généralise volontairement, mais on va faire croire aux femmes qu'elles peuvent accoucher le jour elles le souhaitent, sans rien sentir, sans sentir aucune douleur, dans la joie et la bonne humeur, bref, sans être décoiffées. Alors, ça veut dire souvent des déclenchements, des déclenchements sans raison médicale, des déclenchements de confort. Ça veut dire des péridurales, ça veut dire des césariennes parfois. Mais en réalité, tout cela... déjà est très asservissant pour la femme qui se retrouve en position totalement soumise, passive, mais surtout c'est beaucoup plus pénible à vivre en réalité qu'un accouchement naturel. Et pour avoir vécu moi-même deux accouchements avec ocytocine de synthèse péridurale, etc., et trois accouchements sans péridurale plus naturels, je peux vous dire qu'il n'y a pas photo et que je préférerais mille fois revivre ces trois accouchements que les deux autres.

Pourquoi La Clinique Intervient Plus

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Mais on privilégie confort fantasmé de la mer.

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Alors,

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Ça, c'est pour la partie hôpital-clinique-privé. Donc je vous encourage, si vous avez le choix, à essayer de privilégier l'hôpital public, en tout cas si vous vivez une grossesse physiologique, et vous risquez moins d'interventions inutiles. Et puis pour le reste, je sais que ça peut paraître paradoxal, le concept qu'un accouchement assisté à domicile serait plus sûr qu'une maison de naissance, qui elle-même serait plus sûre que l'hôpital public. Alors il y a un livre passionnant qui m'a beaucoup éclairée sur la question, ainsi que des études que j'ai lues pour me rassurer pour savoir ce qu'il en était avant toute chose mais en tout cas il y a ce livre que je vous recommande il n'existe qu'en anglais qui s'appelle Safer Childbirth A Critical History of Maternity Care de Marjorie Tew c'est en anglais c'est assez dense dirons-nous c'est bourré d'études scientifiques c'est une grande étude qu'elle a menée c'est en 90 et puis ce livre est sorti pour la première fois en 90 et puis a été réédité plusieurs fois ensuite. Alors, revenons un petit peu sur cette question de la sécurité. Je vous recommande ce livre et je vous mettrai aussi dans les notes de cet épisode les liens vers différentes études qui sont très éclairantes sur le sujet. Si vous voulez vraiment avoir des sources et que vous ne croyez pas, vous allez avoir toutes les références dans les notes de cet épisode. On a, de manière générale, et c'est ce que cherchent à réfuter ce n'est pas ce qu'elle cherchait à réfuter mais c'est ce qu'elle réfute dans les faits Marjorie Tew dans son livre Safer Childbirth c'est qu'on a une image de l'accouchement qui était autrefois un danger mortel pour les mères et les bébés et que la médicalisation aurait rendu plus sûre et la réalité est en fait beaucoup beaucoup plus nuancée que cela Même si, évidemment, il a une grande part de vrai là-dedans. Alors, on va distinguer trois grands aspects. On va distinguer la mortalité maternelle, donc le risque pour la mère de mourir au moment de l'accouchement ou juste après. La mortalité infantile périnatale, donc le risque pour un enfant de mourir au moment de l'accouchement ou juste avant ou juste après. Ça va comprendre aussi les enfants morts-nés, les fausses couches tardives, etc. Et puis ensuite, on parlera de tout ce qui est morbid mortalité maternelle et infantile. Ou plus simplement, on va parler du taux d'intervention lourde dans les différents types d'accouchement. Parce que même si on n'en meurt pas, Je pense que tout le monde peut s'accorder à dire que vivre une césarienne est beaucoup plus lourd que vivre un accouchement par voie basse. Que subir une épisiotomie, ça n'est jamais amusant. Qu'un déclenchement, c'est beaucoup plus dur à vivre que encore un travail naturel. Parce que les contractions sont artificielles, elles sont beaucoup plus fortes et intenses et beaucoup plus rapprochées que dans un travail naturel. Donc on va parler de tout ça dans notre troisième point. Mais on va commencer par la mortalité maternelle. Et à chaque fois, je vais vous faire un petit historique parce qu'en fait... Il faut comprendre d'où nous vient cette notion que l'accouchement, c'est dangereux et que la médicalisation

Histoire De La Médicalisation Nuancée

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a changé les choses. Et vous allez voir qu'en fait, on a une vision historique qui est assez déformée. Alors, concernant la mortalité maternelle, plus on remonte, plus c'est compliqué à évaluer. Dans les récits très anciens, comme dans les rares comptes rendus chiffrés qu'on peut avoir, qui sont très anciens, on observe assez peu de mort maternelle par rapport à ce qu'on s'imagine en général. Au Moyen-Âge, on observe déjà... des traces archéologiques au niveau des ossements, parce qu'on voit parfois des femmes enterrées avec leur bébé encore dans leur ventre. Au niveau des ossements, cela se voit, ou avec un bébé tout jeune, qui vient de naître apparemment, dans leurs bras ou sur elle. Donc on peut observer parfois des femmes dont on comprend qu'elles sont mortes peu de temps avant, pendant ou peu de temps après l'accouchement. Mais il y en a très peu, proportionnellement. C'est quelque chose d'assez rare dans l'archéologie. Donc, pour la préhistoire, l'Antiquité, c'est assez compliqué à évaluer. Au Moyen-Âge, on a un peu plus de données, même si ça reste difficile. Encore une fois, on a très peu de sources dans les ossements. Et on sait par la culture médiévale, par les livres, par les documents iconographiques, les fresques, etc., qu'il y avait un risque important à l'accouchement. C'était quelque chose qui était très présent dans l'imaginaire des personnes de cette époque. Le problème, c'est qu'on n'arrive pas bien à l'estimer de façon chiffrée. Si on se réfère aux données pour les femmes aristocratiques, on a plus de données, parce qu'on a le suivi, on a les généalogies, on a des récits, il y aurait 1% de décès par accouchement. 1% de risque de décès par accouchement. Donc en gros, sur 100 accouchements à peu près, une femme mourrait. Si on extrapole, on peut en arriver à peut-être 3% dans la société en général de femmes qui accouchaient au moment de l'accouchement. Ça reste beaucoup, on ne va pas se mentir. Ça reste trop, de toute façon. Mais c'est sans doute moins que ce que vous imaginez. On s'imagine facilement qu'une femme avait peut-être un risque sur 4, un risque sur 2 de mourir en couche, de mourir là, dans l'accouchement en question. Alors ce risque dont je vous parle de 1 à 3%, il est par accouchement. Donc évidemment, plus on accouchait dans sa vie, plus on avait de risques d'y rester, malheureusement. Mais il y a aussi des nuances à apporter. Vous vous dites peut-être qu'une femme aristocratique, elle avait le plus de chances de survie. Ça n'est pas tout à fait vrai. En fait, au Moyen-Âge, il était par exemple beaucoup plus sûr d'accoucher à la campagne qu'en ville. Essentiellement pour des raisons sanitaires. En ville, il y avait la promiscuité il y avait des conditions d'hygiène qui n'étaient pas idéales. Et puis la nutrition était bien meilleure à la campagne. On mangeait bien mieux à la campagne qu'en ville. Ce qui est logique puisqu'on avait accès à la source de nourriture que l'on cultivait soi-même. Et donc au Moyen-Âge, les facteurs principaux de risque de mortalité maternelle, ils sont liés à la nutrition, à la pauvreté et au risque d'infection, surtout en postpartum. Il n'y avait pas encore d'antibiotiques à l'époque. Donc ça, ce sont les facteurs principaux du risque de mortalité maternelle. Mais on est à peu près 1 à 3% de risque par accouchement. On a à peu près les mêmes risques au début des temps modernes. Pour rappel, les temps modernes, ça commence à la Renaissance, suivant la plupart des définitions vers 1492 ou au tout début du XVIe siècle. Eh bien, de façon paradoxale, il y a beaucoup plus de risques pendant les temps modernes à accoucher à l'hôpital que chez soi. L'hôpital, à cette époque-là, c'est le lieu on soigne les défavorisés. Alors que les... Les bourgeois, les femmes aristocratiques accouchent chez elles. L'hôpital, c'est l'hospice, c'est la même chose à cette époque-là, c'est tout le monde peut se faire soigner et on soigne tout à la fois. Et le grand souci que l'on découvrira deux siècles et demi plus tard, c'est que les médecins ne connaissent pas la théorie des microbes, des bactéries, des virus, etc. et ne se lavent pas les mains après avoir examiné les cadavres. Donc vous imaginez un médecin qui manipule un cadavre et qui, sans se laver les mains, va aller assister une femme enceinte pour son accouchement. Donc vous imaginez bien tous les risques qu'il y a à accoucher à l'hôpital au Moyen-Âge. Et... Ce qui est encore pire, c'est qu'on découvre Le danger qu'il y a à ne pas se laver les mains entre l'examen d'un cadavre et un accouchement en 1840, donc déjà deux siècles et demi après le début des temps modernes. Mais à partir de là, le changement mettra encore des décennies à se répandre. Et ce type de pratique va continuer jusqu'aux années 1930 à 1950. Vous vous rendez compte comme c'est grave. Pendant près d'un siècle, la pratique médicale ne change pas malgré la découverte de facteurs de risque. Donc, vous comprenez pourquoi la médicalisation n'est pas forcément synonyme de meilleure chance pour la mère comme pour l'enfant. Ça n'était pas le cas, en tout cas dans l'histoire, et ça ne l'est pas non plus forcément aujourd'hui. Alors aujourd'hui, évidemment, il y a eu une énorme baisse de la mortalité maternelle à partir des années 1950, en gros. Et c'est allé de pair aussi avec le fait d'accoucher de plus en plus à l'hôpital. Donc on a associé les deux. Mais en fait, il faut bien se dire que c'est allé de pair aussi à avec une meilleure hygiène, avec ce qu'on appelle l'asepsie, avec le fait de garder des conditions stériles ou en tout cas beaucoup plus sanitaires autour d'un accouchement. Et c'est associé évidemment à une meilleure prévention aussi des risques grâce au suivi de l'accouchement. Alors, regardons un petit peu quels sont les risques aujourd'hui de mortalité maternelle. Le grand risque, le principal vrai risque de mortalité de la mère, ce sont les hémorragies. Parmi les hémorragies, hémorragies du postpartum, entre autres, ou hémorragies pendant l'accouchement, les hémorragies sont parfois liées à des causes qui sont prévisibles et qui constituent d'ailleurs des contre-indications à un accouchement assisté à domicile, un AAD. C'est-à-dire qu'aucune sage-femme n'acceptera normalement d'assister à un accouchement dans ces conditions-là. Par exemple, s'il y a un placenta prévia, c'est-à-dire si le placenta

Hémorragie Contre Indications Et Transfert

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recouvre une partie ou tout le col de l'utérus, donc en fait bloque le passage du bébé, ou que le bébé, pour passer, va décoller un morceau de placenta, on est quasiment sûr qu'il va y avoir une hémorragie. En général, c'est une indication pour une césarienne. Donc évidemment, ce sont des accouchements qui doivent se faire à l'hôpital. Il y a aussi les risques avec des grossesses multiples. Grossesses multiples, j'entends jumeaux, triplé, etc. Parce que là, il y a beaucoup plus de risques. L'utérus peut avoir du mal à se contracter ensuite. Il peut y avoir un risque d'hémorragie du postpartum, mais qui est prévisible. C'est-à-dire qu'on sait qu'il y a un gros facteur de risque. C'est aussi le cas si on accouche après une césarienne. Gros facteur de risque. En général, on ne fait pas d'accouchement à domicile dans ce contexte-là. Il y a le risque de pré-éclampsie. C'est-à-dire qu'on le sait pendant la grossesse, grâce au suivi que l'on fait, que la femme fait une pré-éclampsie. À ce moment-là, même chose. pas d'AAD. S'il y a un antécédent d'hémorragie lors d'un accouchement précédent, pas d'AAD. S'il y a de l'hydramnios, c'est-à-dire que le liquide amniotique est trop important, qu'il y a un volume de liquide amniotique trop important dans l'utérus autour du bébé. À ce moment-là, même chose, totalement déconseillé d'accoucher à domicile. Ou encore, si le bébé est macrosome, c'est-à-dire qu'il est très gros, aussi, c'est un facteur de risque. Alors, il y a des choses, ensuite, des facteurs de risque d'hémorragie qu'on ne peut pas totalement prévoir. Par exemple, on ne peut pas totalement prévoir ce qu'on appelle une atonie utérine, c'est-à-dire l'utérus qui n'est pas assez fort pour se contracter, qui ne se contracte pas assez bien et donc qui continue à saigner. Parce que l'idée, c'est qu'après avoir mis au monde le bébé et délivré le placenta, l'utérus va se contracter pour bloquer les saignements. Donc ça, on ne peut pas vraiment le prévoir. Même s'il y a quelques facteurs de risque, on ne peut pas le prévoir. On ne peut pas non plus prévoir un décollement placentaire. Si le placenta se décolle à cause du passage du bébé. Même si encore, il y a des facteurs de risque, par exemple le tabac, l'hypertension, etc., ça reste quelque chose d'assez imprévisible. Donc, dans ces cas-là, mais qui ne constituent qu'une petite partie des hémorragies, eh bien, si vous aviez prévu d'accoucher à domicile, il y a un transfert immédiat à l'hôpital. Et c'est c'est important aussi d'être assisté par une sage-femme, parce que la sage-femme va commencer par faire un massage de l'utérus, un massage utérin. Généralement, on va vous faire une perfusion d'ocytocine de synthèse, du ou sinon. Elle peut aussi faire un remplissage vasculaire, c'est-à-dire que si vous perdez du sang, vos veines, vos artères, tout ça se vide du sang et c'est un autre problème que la perte du sang en elle-même. Donc ce que peut faire la sage-femme, c'est de remplir ses veines, ses artères, ses vaisseaux, etc. avec par exemple du sérum physiologique. On appelle ça une compensation du volume sanguin. Ce n'est pas du sang, c'est du sang qui du coup va se retrouver dilué avec du sérum physiologique, mais ça permet quand même de gagner du temps le temps d'un transfert à l'hôpital en tout cas oui l'hémorragie, c'est le seul vrai risque, le seul gros risque d'une femme enceinte qui accoucherait à domicile en ayant respecté les contre-indications. Comme je vous le disais, accouchement après une césarienne, etc. En cas de grossesse physiologique, le gros risque, c'est celui d'une hémorragie. Ce risque, il est d'ailleurs mitigé par le fait qu'à la maison, on pratique un travail physiologique, ce qui va nous éviter une cascade d'interventions. Par exemple, on sait que le fait de faire une perfusion d'ocytocine de synthèse... ce qui a lieu dans 80% des accouchements à l'hôpital ou en clinique, ça multiplie par 2 à 5 le risque d'hémorragie du postpartum. Et bien ça, ça n'a pas lieu à domicile. Donc vous voyez qu'on évite des risques aussi qui sont un peu artificiels. Donc au final, les statistiques de l'AAD sont excellentes. Elles sont comparables ou meilleures qu'à l'hôpital. Alors je précise qu'à chaque fois que je vais parler de comparaison des statistiques entre l'AAD et l'hôpital, on ne va pas va comparer que les grossesses physiologiques. Des grossesses similaires, sans facteur de risque, pour lesquelles les femmes au départ ont prévu d'accoucher à domicile ou au départ ont prévu d'accoucher à l'hôpital. Et donc on va prendre en compte dans la première catégorie également les accouchements prévus à domicile mais qui auront donné lieu à un transfert à l'hôpital. Vous voyez qu'on prend vraiment les deux situations simplement à partir du projet de naissance sur des grossesses toutes physiologiques, toutes comparables. Vous voyez que ces statistiques, elles ont du sens. Les statistiques de mortalité sont donc vraiment formidables. Je vous dis, parfois même meilleures qu'à l'hôpital. Ça dépend des études. Au minimum, aussi bonnes qu'à l'hôpital. Alors, évidemment, le risque n'est pas du même type qu'à l'hôpital. C'est-à-dire qu'il y a des choses qui, à l'hôpital, ne poseraient pas de problème, des hémorragies qui seraient résolues à l'hôpital, mais à l'inverse, il y a des situations à l'hôpital qui n'auraient pas lieu à domicile. Vous voyez que ça se compense. Donc, au niveau quantifiable, au final, les taux de mortalité maternelle sont similaires ou, au contraire, inférieurs, donc meilleurs, à domicile. L'idéal, Pour diminuer le risque de mortalité maternelle, c'est lorsque le transfert à l'hôpital est prévu et anticipé. Par exemple, lorsqu'il y a une ambulance à proximité qui est alertée à partir du moment le travail a commencé. C'est ce qui peut arriver dans certains pays européens. Alors, on a parfois l'image d'une ambulance qui serait devant la maison. Non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Mais les services de secours sont prévenus. Ils se tiennent prêts à envoyer, si besoin, un véhicule en urgence. Et l'hôpital se tient prêt aussi, si besoin. Ils ont le dossier de la patiente, etc. Lors d'un accouchement assisté à domicile, il est bon d'être inscrite dans une maternité pour que la maternité ait tout le dossier et tous les éléments importants pour pouvoir prendre le cas en urgence s'il y a un transfert. Une petite nuance que j'apporterai sur la mortalité maternelle, il y a un petit risque supplémentaire en AAD pour les primipares. donc pour celles qui accouchent pour la toute première fois, mais globalement moins de risques pour les multipares, donc celles qui ont déjà accouché au moins une fois. Et ça, c'est une étude anglaise qui montrait plus de risques d'événements graves pour les primipares de l'ordre de 10 pour 1000 au lieu de 5 pour 1000. Attention, on parle de risques de complications ou d'événements graves, on ne parle pas de morts. Mais donc vous voyez qu'on reste sur des chiffres quand même assez faibles, même quand on parle d'événements graves et pas de mortalité maternelle. Et je voudrais comparer ça à deux types d'éléments. Premier élément, les deux principales causes de mortalité maternelle en France, lors d'un accouchement, ce sont les pathologies cardiovasculaires et le suicide. Donc en gros, le risque de faire un AVC, le risque de faire une crise cardiaque, etc. Et le suicide, alors tout ça pendant la grossesse ou durant la première année de l'enfant. Là, on parle vraiment de mortalité périnatale jusqu'au 1 an de l'enfant. Ce sont ça les deux causes principales de mortalité maternelle. Donc il vaut peut-être mieux se concentrer sur la dépression du postpartum ou la lutte contre le tabagisme, par exemple, que de décourager l'accouchement assisté à domicile. En plus, il se trouve que les femmes, globalement, sont davantage satisfaites des accouchements assistés à domicile, des AAD, que des accouchements à l'hôpital. Autre élément de comparaison, il y a à peu près 5 fois plus de femmes qui meurent de violences conjugales chaque année que de femmes qui meurent à l'accouchement ou autour de l'accouchement. Il y en a 20 fois plus qui meurent sur la route d'un accident. Il y en a presque 600 fois plus qui meurent d'un arrêt cardiaque. Plus de 600 fois plus qui meurent du tabagisme. Et presque 2500 fois plus qui meurent d'un cancer. Et tout ça chaque année. Donc, ça invite peut-être aussi à relativiser les risques autour de l'accouchement, que ce soit à domicile ou à l'hôpital. Je parle des risques aujourd'hui, dans des pays riches, avec un système de santé développé. Alors, passons maintenant à la mortalité infantile. Parce que, comme je vous le disais, on n'a pas non plus envie de prendre un risque pour son bébé. Alors, si on remonte dans l'histoire, il y a une espèce de paradoxe à la préhistoire qui se poursuit au Moyen-Âge. C'est qu'on s'en fait une vision très fausse parce qu'on dit que l'espérance de est à peu près autour de 25-30 ans. Et du coup, ça c'est l'expérience de vie à la naissance, du coup on

Mortalité Infantile Et Leçons Du Passé

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s'imagine que la population a environ 25 à 30 ans de moyenne d'âge. Et ça n'est pas du tout comme ça que ça marche. En réalité, durant la préhistoire, environ un adulte sur deux atteint la soixantaine. Mais un enfant sur deux ne passe pas la puberté. En fait, ce qui se passe, c'est qu'il a une énorme mortalité la première année de vie. Une mortalité très importante encore durant l'enfance. Et ensuite, ça se calme. Ensuite, il y a une assez grosse période de mortalité aussi autour de 20 à 35 ans. En gros, la période un chasseur peut se faire attaquer par une bête. Une période on est davantage amené à être actif et à prendre des risques. Mais ensuite, on peut vivre assez longtemps quand même. La soixantaine, à la préhistoire, c'est quand même pas mal. Et donc, c'est la même chose aussi durant l'Antiquité. Un très fort taux de mortalité autour de la naissance. Sachant qu'en plus, durant l'Antiquité, il y a ce qu'on appelle l'exposition. C'est-à-dire que, par exemple, dans la Rome antique, un père qui ne reconnaissait pas l'un de ses enfants comme étant légitime, pouvait simplement le laisser dans la rue, exposer. Et donc, en général, cet enfant mourait. Il pouvait être recueilli par n'importe qui, mais en général, il mourait. Et c'était aussi le cas pour des familles trop pauvres, pour élever un enfant, mais ils pouvaient laisser le bébé dehors, dans la rue, encore, il avait tendance à mourir. Il y avait aussi l'infanticide, qui pouvait avoir lieu en toute fin de grossesse ou à la naissance du bébé. Tout ça, c'est C'était des pratiques qui existaient durant l'Antiquité. Donc, on a toujours le même principe d'une mortalité très importante autour de la naissance et la première année. Alors, vous allez me dire, ça n'est pas autour de l'accouchement. Mais le problème, c'est que justement, on a beaucoup de mal à isoler les chiffres. Tout ce qu'on sait, ce sont des notions très générales comme ça, on n'arrive pas à distinguer le bébé qui est mort parce qu'il a été sevré trop tôt du bébé qui n'a pas réussi à sortir du ventre de sa mère. Voilà. Beaucoup de choses un petit peu compliquées que l'on a du mal à évaluer. Un point intéressant aussi, un petit peu paradoxal, c'est qu'au néolithique, avec l'arrivée de... de la vie, de l'agriculture, etc. Eh bien, paradoxalement, il y a plus de mortalité infantile. On pourrait croire qu'en se stabilisant, les populations ont moins de décès. Eh bien, c'est l'inverse, parce qu'en fait, il y a une très forte promiscuité au néolithique entre les hommes et les animaux d'élevage. La nourriture peut être davantage contaminée, et donc, il y a plus d'enfants qui décèdent au néolithique qu'au paléolithique, à l'époque des chasseurs-cueilleurs. Ensuite, on arrive au Moyen-Âge. Au Moyen-Âge, on a toujours cette dynamique. Beaucoup, beaucoup de décès la première année. Beaucoup à cause des épidémies, des infections. Ça, c'est un fléau du Moyen-Âge. Il y a aussi le rôle très important du sevrage précoce. C'est-à-dire que le lait maternel est très protecteur contre ces infections. Et du coup, on retrouve au Moyen-Âge un risque très élevé vers ce qu'on appelle le second été de l'enfant. Donc, vers 12 à 18 mois. Parce que, justement, c'est un moment les femmes font un sevrage parfois précoce pour pouvoir travailler au champ, pour ne plus avoir à allaiter. Et c'est le bébé se retrouve soumis aux infections, à de l'eau qui peut être contaminée, etc. En particulier en ville. Je vous le disais tout à l'heure, il y a plus de mortalité en ville qu'à la campagne. C'est valable chez les mères, mais c'est aussi valable évidemment chez les enfants. Et ça n'est pas mieux chez les nobles. Au contraire même. Déjà parce que j'en ai pas parlé pour la mortalité maternelle, mais chez les nobles, l'âge du mariage est bien plus jeune que dans à la société classique. C'est-à-dire que des paysans au Moyen-Âge ne se marient pas à 14-15 ans. Les paysans se marient à 25, parfois 30 ans, parce qu'il faut déjà être installé, il faut pouvoir s'installer et nourrir une famille. En revanche, chez les aristocrates, oui, on se marie très jeune, parfois à 14-15 ans. Donc évidemment, plus de décès maternels et plus de décès infantiles à cause de cet âge trop précoce des grossesses. Et chez les nobles, on a encore plus de nourrices et Et donc, un lait qui n'est pas le lait de la mère, avec un transfert vers une nourrice, avec des nourrices qui peuvent parfois partager leur lait entre plusieurs enfants. Bref, des conditions d'allaitement pas idéales. Et à la cour, il y a une certaine promiscuité et des problèmes d'hygiène, encore, qui font que c'est ravageur pour les tout-petits. Ensuite, on va passer au temps moderne. Donc, à partir de la Renaissance, on a toujours, comme avant, en gros, un bébé sur trois qui meurt avant un an. Et la moitié des enfants qui ne passent pas la puberté. Vous voyez Une grosse masse d'enfants qui meurent avant un an. La moitié des enfants qui ne passent pas la puberté. Ce sont des chiffres qu'on retrouve de la préhistoire, grosso modo, au temps moderne, inclus. Il y a de plus en plus de nourrices à la campagne. Donc, les enfants décèdent à cause du trajet vers la nourrice. Ensuite, ce lait qui n'est pas toujours de bonne qualité, qui est partagé avec d'autres enfants, etc. Et puis, une Cause majeure de décès chez les enfants, c'est la variole. Et personne n'est à l'abri, même les rois. J'aime bien donner l'exemple de Louis XIV. Louis XIV, avant ses 19 ans, il a failli mourir... Il faut que je recompte. Une, deux, trois, quatre, cinq fois. Alors qu'il était roi de France, quand même. Enfin, dauphin au départ. À 5 ans, il manque de se noyer dans un des bassins du jardin du Palais-Royal. À 9 ans, il est atteint de la variole. Les médecins avaient renoncé, mais il se remet miraculeusement. À 15 ans, il est touché par une tumeur au sein. À 17 ans, par la blénoragie. Et à 19 ans, il est victime d'une très grave intoxication alimentaire et d'une fièvre typhoïde. Euh... pendant la... un siège à Bergue dans le Nord. Tout le monde commençait déjà à préparer sa succession, mais il s'en est remis. En tout cas, vous voyez que même un roi de France pouvait mourir de la variole, pouvait mourir de tout un tas de maladies à cette époque des temps modernes. Ça reste toujours difficile, toujours à cette période-là, de connaître la mortalité réellement périnatale, ce qui est vraiment lié à l'accouchement juste avant, pendant et juste après. En tout cas, ce qu'on sait, c'est que vers 1850, on a la variolysation La variolisation, c'est l'ancêtre de la vaccination. C'est-à-dire qu'on inocule la variole à des très jeunes enfants qui se retrouvent ainsi variolisés, vaccinés, contre la variole ensuite. Grâce à la variolisation, parce que la vaccination n'interviendra que 50 ans plus tard, à peu près, vers la fin du XIXe siècle, on divise par deux le nombre de décès, vers 1850. Mais en ville, ça reste une catastrophe. Surtout dans les grandes villes industrielles, Parce qu'on a des mères qui retournent au travail trop tôt, qui sèvrent leur enfant trop tôt. Il y a la pollution, il y a la malnutrition, toujours en ville. Alors qu'à la campagne, comme à toutes les époques, comme pendant l'occupation, on mange mieux qu'en ville. Et les conditions sont un peu plus sanitaires. Il y a enfin une gigantesque chute de la mortalité infantile, en particulier probablement périnatale, au XXe siècle. Pourquoi Grâce à l'eau potable, aux égouts, à la pasteurisation du lait, à la vaccination, aux antibiotiques, qui luttent contre les infections bactériennes, une grande amélioration de la nutrition, et seulement après tous ces facteurs, les progrès de l'obstétrique médicale. Du coup, au début du XXe siècle, au cours du début du XXe siècle, on passe de 300 à 400 décès pour 1000 enfants à 4 décès pour 1000. Donc on divise ça par 100. Et alors Encore une fois, comme je l'ai dit, c'est difficile de faire la part des choses entre ce qui est vraiment propre à l'accouchement, est-ce que l'infection est liée à l'accouchement, est-ce qu'elle intervient plus tard, c'est un peu compliqué. En tout cas, aujourd'hui, autour de la naissance, quels sont les risques principaux pour les bébés Il y a le risque de prématurité. C'est une contre-indication à un AAD. Si le travail démarre trop tôt pendant la grossesse, c'est une contre-indication à un AAD. Il peut y avoir un risque d'anomalie congénitale. Alors ça, ou bien on le sait pendant la grossesse, Et on peut prévoir des interventions, parfois des interventions in utero, parfois des interventions au moment de l'accouchement, et donc c'est une contre-indication à l'AAD, l'accouchement doit avoir lieu à l'hôpital. Ou bien on ne le sait pas, il n'y a rien à faire. Et à ce moment-là, l'AAD ne va rien changer. Troisième risque, un risque d'asphyxie du bébé. Ça peut être lié à un décollement du placenta, une compression du cordon, un travail qui est trop prolongé, une souffrance fétale, il y a plusieurs facteurs possibles. Mais il faut savoir qu'en AAD, le fœtus est

Risques Du Nouveau Né Aujourd’hui

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surveillé, il y a une surveillance fœtale comme à l'hôpital. Et elle est même plus efficace parce qu'en AAD, on peut pratiquer ce qu'on appelle l'auscultation intermittente, c'est-à-dire que toutes les demi-heures, la sage-femme va ausculter le bébé à travers le ventre pour entendre son rythme sur une minute, il me semble, ou cinq minutes, je ne sais plus. Et l'auscultation intermittente est plus fiable pour suivre le... bien-être du bébé qu'un monitoring d'une heure pendant lequel en plus même si on est en ambulatoire, on est souvent un petit peu contrainte, on a moins de mouvements. Et quand on est en ambulatoire, les ventouses n'arrêtent pas de se décrocher et c'est donc très très pénible de réussir à suivre le rythme cardiaque des bébés. Donc en AAD, il y a une surveillance importante du bébé et il y a évidemment un transfert dès qu'il y a une souffrance fétale, un saignement, par exemple s'il y a un décollement du placenta, en général il y a un saignement, ou autre. Dans ce cas-là, il y a un transfert. Et puis, au Autre gros risque, ce sont les infections néonatales. Les infections qui ont lieu après la naissance. Aujourd'hui, on a les antibiotiques. Et évidemment, le suivi du bébé ne s'arrête pas à l'accouchement. Il faut faire très attention au bébé dans la suite. Et un bébé de quelques jours qui a de la fièvre, on l'emmène directement à l'hôpital pendant le premier mois d'un bébé. S'il a plus de 38, ce sont les urgences directement. Donc, si ces consignes-là sont passées, il n'y a pas plus de risque d'avoir accouché à l'hôpital que d'accoucher à domicile. Ce qui est intéressant, c'est qu'on retrouve dans des enquêtes une mortalité périnatale d'à peu près 10 pour 1000, donc 10 enfants pour 1000 accouchements, et une mortalité néonatale autour de 2 pour 1000. sachant que la périnatale couvre aussi les fausses couches tardives des bébés très prématurés des morts in utero des choses comme ça et donc au niveau de la mortalité non natale c'est qu'on est à peu près à 2 pour 1000 donc des chiffres encore une fois qui sont très faibles ni de rien encore une fois on est dans une société l'hygiène est bien meilleure on a les antibiotiques on a vaccination, etc. Et je vous renvoie donc encore une fois au livre Safer Child Birth de Marjorie Thieu elle a fait des grandes enquêtes là-dessus et elle a découvert que la sécurité psychologique et la sérénité qui avaient lieu, qui présidaient dans les AAD contribuaient davantage à la sécurité que les équipements hospitaliers. Et elle observe même une augmentation des dangers à l'hôpital pour les bébés. Le critère important, encore une fois, pour les accouchements à domicile, étant d'être assisté par une sage-femme diplômée. Attention, on n'obtiendrait pas les mêmes résultats avec un accouchement non assisté. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais donc, vous voyez qu'en fait, il n'y a pas plus de risques pour un bébé, voire même moins, encore une fois, à accoucher à la maison qu'à accoucher à l'hôpital, à condition d'être assisté par une sage-femme. Troisième grand point de comparaison, c'est autour de la morbidité maternelle et infantile. Pour faire simple, on va parler du taux d'intervention, d'intervention lourde. Encore une fois, on ne compare que des grossesses physiologiques, avec que des grossesses qui pourraient être acceptées en AAD. Et on compare d'un côté les grossesses la femme souhaitait dès le départ accoucher à domicile, même si ultérieurement elle a été transférée à l'hôpital. Et de l'autre côté, des femmes qui ont prévu depuis le début d'accoucher à l'hôpital. Même si d'ailleurs, pour certaines d'entre elles, il se peut qu'elles s'accouchent tellement vite qu'elles se retrouvent à accoucher à domicile. C'est quand même beaucoup plus rare. Alors, les AAD planifiés chez les femmes à bas risque, donc pour des grossesses physiologiques, nous font retrouver moins de césariennes, moins d'extraction instrumentale, c'est-à-dire les forceps ou les ventouses, moins d'épisiotomie,

Moins D’Interventions Donc Moins De Séquelles

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sachant que dans les hôpitaux... par exemple l'hôpital de Vesoul, qui est assez précurseur à la matière, ils n'ont en tout d'épisiotomie que de 2%, ce qui correspond réellement à des cas d'urgence. Et donc, on a éliminé toutes les épisiotomies de routine. Évidemment qu'à la maison, il n'y a pas d'épisiotomie, sauf vraiment cas d'urgence, qui normalement a être éliminé dans les critères de l'AAD. Il y a beaucoup moins de péridurale, forcément. D'ailleurs, en général... Alors, il n'y a pas de péridurale à domicile, La péridurale, elle est donnée lors d'un transfert à l'hôpital. Il y a moins d'induction aussi, donc moins de synthocinons, moins d'ocytocines de synthèse. encore, en général, c'est à l'hôpital que c'est pratiqué. Et souvent, il y a moins d'hémorragies sévères. Donc, c'est quand même plutôt pas mal. Il y a plusieurs... grandes, grandes études qui ont été réalisées, dont une sur une immense cohorte néerlandaise qui comprenait 680 000 femmes. On n'est pas sur une petite étude de rigolo, on est sur une belle étude bien sérieuse. On retrouvait seulement 10,9% d'intervention pour les femmes qui avaient prévu d'accoucher à domicile, contre 13,8% quand l'accouchement était planifié à l'hôpital. Donc, vous voyez qu'on a quand même beaucoup moins d'intervention. Encore une fois, sur des grossesses comparables physiologiques. Ne me dites pas c'est normal, à l'hôpital, il y a des cas plus compliqués. Non, ces cas plus compliqués ne font pas partie de ces études, ils ne sont pas comparables, évidemment. Évidemment que si vous êtes enceinte de jumeaux, vous avez plus de risques d'intervention que si vous avez un seul bébé, etc. Il y a une grande méta-analyse aussi, faite par Wax, qui retrouvait beaucoup moins de césariennes, moins d'épisotomie, moins de traumatisme du périnée, et ça c'est importants aussi. Par exemple, des déchirures moins importantes, etc. Il peut y avoir des déchirures qui sont majeures, donc il y en a beaucoup moins en AAD. Et encore une fois, moins d'hémorragie du postpartum. C'est quand même sympathique. Et on retrouve à chaque fois une satisfaction maternelle plus élevée en AAD qu'en plateau technique ou maison de naissance, qu'à l'hôpital ou en clinique. Donc vous voyez que la médicalisation n'est pas forcément une bonne chose. Quand tout va bien, il vaut mieux respecter la physiologie et réserver la médicalisation aux cas vraiment problématiques. Un exemple. On sait depuis les années 60... que l'épisiotomie systématique est inutile, voire nocive, parce qu'elle augmente le risque d'une déchirure grave. Je vous en ai déjà parlé dans le podcast précédent, mais le 328, si vous prenez une feuille de papier et que vous tirez dessus, il y a un petit risque qu'elle se déchire. Mais si vous faites une petite coupure au ciseau sur le bord de la feuille de papier et que vous tirez ensuite des deux côtés, là, c'est quasiment certain qu'elle va se déchirer et elle peut se déchirer bien plus que si il n'y avait pas eu de petit coup de ciseau. En fait, c'est assez instinctif. Donc, depuis les années 60, on sait que l'épisiotomie est nocive. L'épisiotomie systématique, j'entends. Pourtant, en 2010, au moment j'ai accouché de mon aîné, elle était encore pratiquée de façon systématique dans la plupart des hôpitaux, parce que j'avais regardé les chiffres à l'époque. Et en l'occurrence, elle était pratiquée de façon systématique à l'hôpital j'ai accouché. Un autre exemple dont je vous ai déjà parlé, par rapport aux cliniques privées, le cytocine de synthèse se retrouve dans 80% des accouchements.

UNKNOWN

Alors,

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que le synthocinone multiplie par 2 à 5 le risque d'hémorragie du postpartum. Donc, évidemment, dans certains cas, c'est utile, mais si on peut l'éviter, c'est quand même mieux. Donc, vous voyez que on risque davantage une cascade d'intervention à l'hôpital et qu'on est davantage protégé de tout ça en accouchement assisté à domicile. Par ailleurs, il faut savoir qu'il y a toujours la possibilité de demander un transfert ou d'aller à la maternité pendant le travail à domicile. Par exemple, avoir une péridurale. C'est un véritable facteur pour certains hommes de femmes. Et il y a environ 10% de transfert chez des femmes multipares. Il y en a plus chez les primipares, donc celles qui accouchent pour la première fois. Chez les femmes pour qui c'est un deuxième, troisième ou plus accouchement, il y a à peu près 10% de transfert. On peut imaginer que pour une primipare, il y a davantage la tentation justement de se dire, finalement j'ai envie de la péridurale, finalement j'étais pas prête. Donc il y a plus de transfert. Mais sachez que c'est toujours une possibilité, on n'est pas prisonnier de son choix, c'est pas parce qu'on souhaite démarrer le travail et qu'on prévoit d'accoucher à domicile qu'on est obligé d'aller jusqu'au bout. Donc comme vous le voyez, les risques ne sont pas plus importants. Alors, ils sont un peu plus importants pour les primipares, uniquement pour les primipares, au niveau de... de la mortalité périnatale.

Études APAAD Et Sources À Lire

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Mais globalement, ils sont inférieurs pour la mortalité maternelle, mortalité infantile et pour le taux d'intervention en AAD qu'à l'hôpital. Je sais que c'est contre-intuitif, mais comme je vous l'ai dit, j'ai fait mes recherches et voilà ce que dit la science. Et si vous voulez le vérifier, je vous renvoie dans les notes de cet épisode à plusieurs études. Je vous renvoie déjà au chiffre de l'APAAD. L'APAAD, c'est une association de sages-femmes qui signifie l'association professionnelle de l'accouchement accompagné à domicile. Ce ne sont que des sages-femmes qui font des accouchements accompagnés ou assistés à domicile et qui tiennent des statistiques pour pour pouvoir alimenter la réflexion. Je vous renvoie vers la page des statistiques de l'AP AAD, vers également la grande étude sur les 680 000 femmes néerlandaises dont je vous parlais, sur les taux d'intervention et de mortalité périnatale, qui sont donc inférieurs en AAD qu'à l'hôpital. Je vous renvoie vers une grande méta-analyse américaine, qui montre qu'il y a moins d'interventions et moins de complications chez les mères qui projettent un AAD, qu'il y a autant de décès périnataux qu'à l'hôpital, mais plus de décès néonataux, jusqu'à un mois après la accouchement. Ça veut dire qu'il y a autant d'enfants qui meurent vraiment juste autour de la naissance qu'à l'hôpital. Enfin, avant, pendant ou après, mais qu'il y en a plus après l'accouchement. Ce qui veut dire, a priori, qu'il y en a moins avant et pendant l'accouchement. Alors, le plus de décès néonataux, sachant que ça va jusqu'à un mois après l'accouchement, je me demande si ça ne serait pas parce que parmi les familles qui veulent un accouchement assisté à domicile aux États Et puis je vous renvoie aussi vers une revue américaine de la littérature internationale qui montre que l'accouchement à domicile n'est pas associé à une mortalité plus élevée, contrairement à ce qu'on pourrait penser, mais au contraire à une diminution de la mortalité. des complications maternelles et que les complications périnatales ne diffèrent pas significativement entre l'AAD et l'hôpital. Et que les interventions médicales sont plus fréquentes lors des accouchements en milieu hospitalier. Vous retrouverez tous ces liens dans les notes de cet épisode. Donc consultez-les, faites-vous votre propre opinion à partir de ce que dit la science. Maintenant, si on a envie d'un accouchement assisté à domicile, comment faire Je vous recommande de commencer par chercher dans l'annuaire de l'APAAD. donc l'association professionnelle des accouchements accompagnés à domicile. Ils ont un annuaire des sages-femmes qui proposent ce service. Elles sont toutes membres de cette association professionnelle et donc elles se tiennent aussi au courant, évidemment, des bonnes pratiques médicales, etc. Sachez qu'une sage-femme qui pratique la AD, normalement, ce n'est pas n'importe quelle sage-femme. C'est quelqu'un qui suit des formations très spécialisées pour encadrer totalement un accouchement et qui est prête à gérer des situations d'urgence. Il y a aussi beaucoup de livres que je peux vous recommander. Je vous mets encore toutes les références dans les notes de cet épisode. Je vais vous les présenter par ordre de préférence. C'est-à-dire que s'il y a un livre que vraiment... je vous encourage à lire. Je dirais même que ce serait criminel de s'en passer si on veut accoucher à domicile. C'est le livre « C'est

Trouver Une Sage Femme Et Se Préparer

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mon accouchement » de Florian Stauffer au Brest. Donc, d'une sage-femme alsacienne qui fait partie justement de l'APAAD et qui a vraiment écrit, je trouve, la Bible de l'accouchement à domicile qui explique tout et qui prend tout en compte, du physique au spirituel, du qui présente les cinq temps de l'accouchement et le rôle, par exemple, du conjoint ou de l'accompagnant dans chacune de ces phases. Ça fait aussi le rôle d'une doula. C'est absolument passionnant. Ça répond à toutes les questions que vous pouvez avoir. Et c'est par ce livre que j'ai eu la référence de ce second livre dont je vous ai beaucoup parlé dans cet épisode, Safer Childbirth, de Marjorie Tu, qui démonte, on pourrait dire qui débunk un peu cette idée que la médicalisation réduit les risques pas toujours ensuite pour préparer alors ça c'est vraiment pour les scientifiques qui ont envie d'avoir toutes les études Safer Childbirth si vous voulez vous préparer un accouchement à la maison deux livres un petit peu plus peut-être philosophiques en tout cas plus anthropologiques Le bébé est un mammifère de Michel Audan qui est un livre très agréable à lire très simple très rapide à lire et qui dénonce la surmédicalisation des pratiques de l'accouchement classique. Puisque Michel Audan a été responsable des services de maternité à Pithiviers. A la base, c'était un chirurgien, pas du tout obstétricien. Et ils ont transformé le service de maternité à Pithiviers avec des résultats impressionnants. Vous avez aussi le livre de Frédéric Leboyer pour une naissance sans violence. Frédéric Leboyer qui a été chef de clinique à la faculté de médecine de Paris. Et il a mis au monde plus de 10 dix mille enfants avant d'abandonner la médecine, de ne plus faire d'accouchement et de se dédier à l'écriture, entre autres. C'est un très beau livre, plus poétique je dirais qu'informatif, mais c'est agréable à lire. Un petit peu daté, vous avez le livre Dina May Gaskin, le guide de la naissance naturelle. C'est une sage-femme américaine, d'ailleurs la préface est du docteur Audan, qui a assisté, je ne saurais plus combien d'accouchements, mais un nombre incroyable. Alors, je dis que c'était un petit peu daté parce que ça a beaucoup eu lieu dans les années 70-80 elle a développé ses accouchements... Alors... pas forcément à domicile. Elle faisait venir des gens dans un village en fin de grossesse, les femmes pouvaient rester et accoucher sur place mais dans un environnement très familial, très domestique. Il y a des pratiques qui sont un peu datées dedans. Les études qu'on connaît sur certaines interventions médicales les remettent en question aujourd'hui. Mais c'est bourré de témoignages et je trouve que c'est très rassurant parce qu'on entend tellement de témoignages dans la vie de tous les jours sur des accouchements médicalisés que ça fait du bien de lire beaucoup de témoignages autour des accouchements à domicile quand on en prépare un. Ensuite, encore une fois, là, on descend dans les livres que j'ai... Là, on est plus dans les livres que j'ai moins aimés, mais qui sont intéressants quand même. Vous avez La naissance en Occident, de Paul Cessebron et Yvonne Knibiller. Yvonne Knibiller, qui est une référence sur l'histoire des mères, des pères, de la maternité, de la naissance en Occident. Pas tellement calée sur le Moyen-Âge, mais disons plus sur les temps modernes et ce qui suit. Et puis enfin, alors là, c'est un petit peu encore à part, vous avez le livre « Accoucher par soi-même » de Laura Kaplan-Chanelet, qui là, prépare davantage à un accouchement non assisté. Donc ça peut être intéressant, mais je dirais à prendre avec beaucoup de pincettes, parce que, je le rappelle, tout ce que je vous ai dit aujourd'hui vaut pour des accouchements accompagnés ou assistés à domicile des A à D, et pas des accouchements non assistés à NA. Donc ça, c'est important à rappeler. Si vous avez ce projet ou si vous vous posez la question d'un accouchement à domicile, et ensuite, à vous de trouver une sage-femme avec l'annuaire de la PAAD. Il y en a peu. Il y en a malheureusement très peu parce que les conditions sont difficiles pour ces sages-femmes. Il y en a une en Bretagne qui a été suspendue alors qu'elle a le soutien de toutes ses patientes, mais bon. Il y a des conditions parfois difficiles. Et une fois que vous êtes face à cette sage-femme, posez-lui les bonnes questions. Je pourrais y revenir si ça vous intéresse. Quel question posée à sa sage-femme avant un accouchement à domicile, mais quelle est son expérience Combien d'accouchements assistés à domicile par an a-t-elle pratiqué Sur combien d'années Quelle est la procédure qu'elle suit en cas d'hémorragie Comment se passe un possible transfert

Questions Clés Et Respect Physiologique

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Qu'est-ce qui se passe si le travail est dur Et puis, de dérouler un peu votre projet de naissance. Est-ce que vous voulez une doula Est-ce que vous voulez une piscine Pour voir si c'est compatible avec l'approche de cette sage-femme, si c'est envisageable pour elle. Et puis, évidemment, de vérifier avec vos éventuelles contre-indications à un accouchement à domicile voilà j'espère vraiment vous avoir amené à à jeter un autre regard sur l'accouchement accompagné à domicile. J'aimerais que ce ne soit plus une pratique taboue, que l'on ait envie de garder secrète jusqu'à la fin de la grossesse parce qu'on a trop peur du regard des autres. Alors qu'en fait, elle est légitime, cette pratique. C'est un choix qui est rationnel. Ce n'est pas un choix sentimental, un peu foufou. C'est un choix qui a du sens.

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Mais ça n'est pas fini. Ça n'est pas fini parce que je vous parlerai dans un prochain épisode de la façon dont s'est passé mon accouchement, mon sixième accouchement. Et vous allez voir qu'il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à vous dire là-dessus. En tout cas, dernière chose aussi que je veux vous donner comme conseil pour celles qui sont enceintes et qui envisagent un accouchement assisté à domicile, le principe de base est de respecter à fond la physiologie de l'accouchement, du travail et de l'accouchement. Et la sage-femme est pleinement dans ce rôle de gardienne de la physiologie. Parce que plus votre accouchement respectera la physiologie, plus il sera sécuritaire. Et c'est ce qui fait la force de l'AAD, c'est ce qui fait qu'on a des taux de mortalité qui sont inférieurs, alors que pourtant inférieurs ou comparables, alors que pourtant lorsqu'il y a une hémorragie, c'est beaucoup plus compliqué à domicile. C'est parce que le respect de la physiologie et ce qu'il y a de plus sécuritaire pour la femme qui accouche. Mais ça, c'est valable aussi à l'hôpital, évidemment. Essayez au maximum de respecter la physiologie de votre accouchement si ce que vous voulez, c'est optimiser votre sécurité et celle de votre enfant. Voilà pour cet épisode très dense, avec beaucoup de chiffres, avec de l'histoire, avec des sciences. C'est tout pour aujourd'hui. Je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à très bientôt.

UNKNOWN

Votre petite souris 7. Anne-Laure.