Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
Vous voulez mettre en pratique la pédagogie Montessori, que ce soit à la maison, en structure, en cabinet ou à l'école ? Bienvenue ! Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ici, nous parlons de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille (école à la maison), de coschooling et de bien d'autres choses encore...
Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
323. Terrible two : comment réagir aux crises de violence ? (Redif)
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Il n’est pas rare de constater des excès de violence chez les enfants entre 2 et 4 ans. Le terrible two est en effet une période fatidique et vu les différentes appellations qui circulent : le terrible two, le terrifying three, le freaking four, on se dit qu’on n’est pas sortis de l’auberge !
On dit alors que l’enfant est en crise. Ces violences rendent les conditions de vie très difficiles et les relations avec l’enfant et l’entourage s’altèrent. Il pousse, frappe et peut même mordre d’autres enfants. C’est une souffrance pour l’enfant et pour nous en tant que parents. Mais pourquoi ces crises interviennent-elles spécialement à ces âges-là ?
D’où viennent-elles et que peut-on faire pour y remédier ? Pourquoi tout semble-t-il se calmer vers 6 ou 7 ans ? En vérité, c’est une étape normale, qui n’a rien à voir avec un caprice. Tout cela est principalement lié au développement de l’enfant, de son langage et aux modèles qu’il reçoit de son entourage. Pour mieux comprendre le phénomène et savoir comment limiter les crises de violence chez les enfants, je vous invite à découvrir ce podcast sans plus attendre.
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Welcome And Listener Question
SPEAKER_00Bienvenue sur le podcast des Montessori 7, Montessori à la maison. Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ma mission, c'est d'aider les parents, les assistantes maternelles, bref, tous ceux que dans notre communauté nous appelons des souris 7, à mettre en pratique la philosophie Montessori chez eux, avec leurs enfants ou les enfants qu'ils gardent. Dans ce podcast, nous parlerons donc de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille, ce que l'on appelle aussi l'école à la maison, de co-schooling et de bien d'autres choses. Il y a quelque temps, quelqu'un m'a laissé ce commentaire sur Apple Podcast. En mettant un avis au passage, en mettant 5 étoiles. Des conseils utiles pour la vie quotidienne. Merci Anne-Laure pour ces conseils précieux. Hâte d'écouter ta vision de la gestion du fameux terrible tout et les crises de l'enfant durant cette période. Alors effectivement, c'est quelqu'un qui m'avait envoyé par ailleurs un petit message pour me demander des conseils, des idées sur la gestion de cette tranche d'âge fatidique, le terrible tout. En effet, c'est un âge où il y a souvent beaucoup de crises de colère, voire des crises de violence chez les bambins. Et on se dit parfois qu'une fois que l'enfant aura 3 ans, tout se passera mieux. Mais vu les différentes appellations qui circulent dans la culture populaire, le terrible 2, le terrifying 3, le freaking 4, voire des choses encore un peu plus vulgaires ou moins plaisantes, on se dit qu'on n'est pas sorti de l'auberge et que non, pas ces trois ans, on a encore ces difficultés face aux crises de colère et aux crises de violence. C'est un moment où parfois notre enfant se met à pousser des hurlements, à trépigner, à se frapper la tête contre le sol ou à faire preuve de violence envers les autres en les mordant, en les tapant, en les poussant. Et ça rend les conditions de vie très difficiles. Ça rend les relations très difficiles évidemment entre nous-mêmes et notre enfant puisque nous n'arrivons plus à avoir une relation apaisée, Ces colères viennent nous pourrir la vie, mais ça vient aussi envenimer les relations avec nos amis et les enfants de nos amis. En particulier les crises de violence. Encore les crises de colère, c'est pénible, mais on peut plus facilement... passer au-dessus et les accepter, en particulier chez les enfants des autres. Mais lorsqu'un enfant fait preuve de violence avec d'autres enfants, il est parfaitement naturel que les autres enfants n'aient plus envie de jouer avec lui. Et ça complique, comme je le disais beaucoup, les relations entre les adultes, entre les parents des différents enfants concernés. Les parents d'enfants qui tapent, qui mordent, qui poussent sont souvent très gênés à l'idée d'inviter d'autres familles, de retrouver d'autres enfants. Alors évidemment, je ne vous parle pas dans ce moment avec le confinement, mais parlons d'une vie normale dans une époque normale, eh bien forcément si notre enfant fait preuve de violence, nous allons hésiter à inviter d'autres petits copains à la maison. Et inversement, si notre enfant a déjà fait preuve de violence avec certains de ses copains, eh bien il est évident qu'il sera beaucoup moins invité. Et forcément c'est une souffrance pour l'enfant et une souffrance pour nous derrière en tant que parents. Mais pourquoi spécialement à ces âges-là
UNKNOWN?
SPEAKER_00On dit parfois que ça commence dès 18 mois 2 ans, 3 ans, 4 ans
UNKNOWN?
SPEAKER_00Que se passe-t-il dans cette tranche d'âge qui déclenche ces crises de colère et de violence à répétition
UNKNOWN?
SPEAKER_00Certains parlent de caprice, mais c'est quelque chose que je voudrais évacuer tout de suite. Un caprice impliquerait que l'enfant est conscient de ce qu'il fait et qu'il décide de se mettre en colère ou de se montrer violent dans un but bien précis. Or, un enfant à cet âge-là, on parle d'enfant dans entre 2 et 4 ans, n'est absolument pas capable de se projeter ainsi dans la tête des autres et encore moins de les manipuler. Surtout pas à 2 ans. Alors bien sûr, nous pouvons avoir cette impression. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que notre enfant voit ce qui nous fait réagir et il adapte son comportement en fonction. Mais pas de façon consciente, manipulatrice. C'est une réaction profondément instinctive. Si notre enfant retire de notre comportement un avantage, un avantage que nous, nous n'avons pas parfois du mal à discerner, mais qui pour lui est un avantage, il va reproduire le comportement qui a donné lieu à cet avantage. Et en quelque sorte, nous entraînons nos enfants à adopter certains comportements. De notre côté, nous avons l'impression que les enfants arrivent à lire à travers nous et voient les boutons sur lesquels ils peuvent appuyer pour nous faire réagir et grimper au plafond, alors qu'ils auront des comportements différents avec d'autres personnes. Et donc nous pouvons avoir ce sentiment d'être manipulé, mais c'est souvent que nous sommes en fait nous-mêmes envahis par notre propre colère, notre propre ressentiment, et que nous nous laissons un petit peu aveuglés par elle, au point d'imaginer que notre enfant consciemment veut nous faire du mal, ce qui n'est absolument pas le cas. Mais oui, ça nous fait du mal derrière, et ça c'est important de le reconnaître. Notre enfant ne le veut pas consciemment, il n'en est pas responsable, mais oui, son comportement nous fait aussi du mal à nous. Et croyez-moi, je sais combien il est difficile. pour des parents d'enfants comme ça qui font des crises, et tous les enfants font des crises à un moment ou à un autre. Donc les enfants chez qui les crises sont particulièrement présentes, je le sais, créent de forts sentiments de culpabilité, de honte ou de colère chez leurs parents. Et croyez-moi, je vous comprends. Et si c'est votre cas, vous avez toute mon empathie et toute ma compassion. Vraiment. C'est pas de la pitié, mais vraiment de la compassion. C'est difficile. Donc cette notion de caprice étant évacuée, très bien, maintenant vous allez me dire que nous ne sommes pas plus avancés. D'accord, nous n'allons pas parler de caprice, mais à quoi est-ce que cela nous sert
UNKNOWN?
Two Development Roots Of Meltdowns
The Example We Set Under Stress
SPEAKER_00Eh bien, il faut commencer par comprendre d'où viennent ces crises. Alors bien entendu aujourd'hui dans ce podcast, je vais devoir m'en tenir aux raisons les plus communes et aux raisons les plus générales qui font qu'un enfant vit une crise à un moment donné. Parce que chaque crise est unique et souvent il est très délicat d'en comprendre les véritables causes. C'est quelque chose que nous faisons souvent dans l'accompagnement à la parentalité et à l'IUF Montessori lors de nos réunions par webcam. Des mamans exposent leur situation, exposent des choses qu'elles ont vécues avec leur enfant et qu'elles trouvent difficiles à vivre, avec lesquelles elles ont des difficultés. Et nous nous posons ensemble différentes questions pour faire émerger les raisons profondes du comportement de l'enfant. Alors c'est souvent surprenant, on est souvent surpris des conclusions auxquelles on parvient, parce qu'en tant que parent, on se retrouve facilement avec des œillères vis-à-vis de nos enfants, où on a des points morts, des choses que l'on ne perçoit pas ou pas bien, et nous n'arrivons pas forcément à nous poser les bonnes questions. Alors que l'intelligence collective du groupe aide à explorer de nouvelles pistes. Ça nous donne de nouvelles solutions à essayer et de nouvelles possibilités à envisager. Donc évidemment, ça n'est pas quelque chose que nous pouvons faire ici, mais je vais tenter de vous donner quelques grands axes qui s'appliquent à peu près à toutes les situations de crise et qui vous apporteront quand même des éléments de réponse généraux avant de chercher plus en avant, plus en profondeur, les raisons profondes du comportement de votre enfant. Il y a, vers cet âge-là, deux grandes raisons à ces crises de violence liées au développement... Ces crises qui sont liées en fait au développement normal de l'enfant. J'insiste un instant là-dessus. Il s'agit bien d'un développement normal de l'enfant. Et c'est pour ça que je dis que tous les enfants, à un moment ou à un autre, passent par des crises. Ces crises peuvent être plus ou moins fréquentes, plus ou moins fortes, plus ou moins violentes. Mais ils passent toujours. par une période de crise comme celle-là, à nous d'essayer de faciliter les choses et de faire en sorte que ces crises ne se reproduisent pas trop souvent ou trop fortement. Donc nous allons aider l'enfant, et je dis bien l'enfant, à gérer ces crises, et non pas nous à gérer ces crises. Première grande raison, c'est l'âge de la construction de l'ego. Alors lorsque je parle d'ego, je ne veux pas dire que l'enfant devient égoïste, qu'il ne pense qu'à lui, ce n'est pas l'ego dans ce sens-là. Mais simplement l'ego... Dans le sens où l'enfant doit construire sa propre personne, sa propre personnalité et comprendre qu'il est distinct de ses parents. Au départ, le très très jeune bébé ne se perçoit pas séparément de sa maman, principalement, qui est la première figure d'attachement pour des raisons physiologiques évidentes. Quand l'enfant a la chance d'avoir sa maman et sa maman biologique dès la naissance, il y a des raisons physiologiques qui font que l'enfant se perçoit comme étant lié à sa Et puis, attachement aussi vis-à-vis du papa, ou d'une figure d'attachement secondaire, l'enfant va avoir l'impression d'être lié à nous. Au départ, il a l'impression, même, du moins c'est ce que nous imaginons au vu de son comportement, de ne faire qu'un seul corps avec nous. Et puis, petit à petit, il va construire son égo, comprendre qu'il est une personne distincte de nous, et cela passe par la prise de décisions qui vont impacter sa vie. Par exemple, la décision de se déplacer à tel endroit, la décision de s'habiller de telle façon, la décision de boire de l'eau, la décision de parler, de chanter, toutes ces petites décisions du quotidien. Et plus l'enfant va prendre des décisions, plus il va construire sa personnalité. C'est quelque chose de parfaitement naturel, mais forcément, si l'enfant commence à prendre des décisions pour lui-même, à un moment ou à un autre, il va rentrer en conflit avec notre propre pouvoir de décision. Parfois, nous ne serons pas d'accord. Parfois pour de bonnes raisons, parfois pour de mauvaises raisons, c'est un autre débat, mais dans tous les cas, Puisque nous sommes deux personnes différentes, je parle d'un adulte et d'un enfant, d'un bambin, eh bien nous allons avoir, à un moment ou à un autre, des décisions qui sont différentes. Et il va falloir arriver à un accord, un compromis, une décision finale. Et parfois... Ce n'est pas la décision de l'enfant qui va l'emporter. Mais forcément, pour l'enfant qui se construit, c'est très frustrant. C'est extrêmement frustrant parce que jusque-là, nous répondions à chacun de ses besoins. Si notre enfant, notre tout petit bébé pleure, nous allons le nourrir ou le coucher. Enfin, répondre à son besoin du moment, nous allons essayer de comprendre son besoin et de nous y adapter. Mais là, si l'enfant exprime d'autres choses, par exemple, non, je ne veux pas mettre mon pull, alors que pourtant, il fait 2 de degrés dehors, nous n'allons pas être d'accord. Nous allons le demander de mettre un pull et forcément il va y avoir un conflit. Donc il est naturel que des crises de colère, des crises de violence, des crises de frustration interviennent dans ces moments-là à cause de la construction de l'ego. Le deuxième grand point, encore une fois lié au développement parfaitement naturel de l'enfant, est lié à la construction du cerveau. Alors à ce sujet je vous recommande fortement un livre que j'aime beaucoup qui s'appelle en anglais The Whole Brain Child, qui est un jeu de mots que j'aime beaucoup parce qu'il fait référence au poulet élevé exclusivement au grain, ce qu'on appelle le Whole Grain Child. Chicken. Et là, c'est un jeu de mots avec The Whole Brain Child, qui est donc non pas l'enfant élevé au grain, mais l'enfant dont le cerveau est pleinement intégré. Les auteurs sont Daniel Siegel et Tina Payne Bryson, et vous trouverez ces noms, cette référence de livre dans les notes de ce podcast. Comme ça, vous aurez tous les éléments pour retrouver ce livre s'il vous intéresse. Le titre en français, c'est Le cerveau de votre enfant. Il est très intéressant pour comprendre justement comment se construit le cerveau de l'enfant et pourquoi il y a des crises comme celle-là. Entre 2 et 4 ans, la construction du cerveau n'est absolument pas achevée. C'est simple, le cerveau finit de se construire vers 25 ans. Donc on en est encore loin. Mais plus précisément, parce que bon, le cerveau est quand même... Il y a beaucoup moins de différence entre le cerveau d'un enfant de 10 ans et d'un jeune adulte de 25 ans qu'entre le cerveau d'un bébé de 6 mois et d'un enfant de 4 ans. Vers cet âge-là, une partie du cerveau est déjà bien développée. Le cerveau grandit au fur et à mesure de la croissance de l'enfant, mais pas forcément au même rythme que la croissance de l'enfant. Je m'explique. Il y a une théorie qu'on appelle triunique du cerveau, un cerveau en trois parties qui communiquent, évidemment qui ne sont pas complètement distinctes, comme on l'entend parfois. Ce sont vraiment des parties qui représentent des zones où certaines choses ont principalement lieu, mais tout est bien plus compliqué et tout est totalement interconnecté dans le cerveau. Mais dans cette théorie triunique du cerveau, vous avez un cerveau en trois parties. La partie la plus profonde, et j'entends ce terme de profond à la fois... géographiquement, c'est-à-dire que c'est la partie la plus au cœur du cerveau, c'est le cerveau reptilien. C'est aussi la partie la plus profonde au sens de l'évolution du cerveau de l'homme. C'est la partie qui s'est construite en premier, qui est présente chez les animaux. Le cerveau reptilien, c'est celui qui va nous permettre de respirer, de manger, de gérer la faim, la soif, de dormir, de gérer notre température. Bref, c'est le cerveau qui assure notre survie. Dans le cerveau reptilien, nous avons aussi des réactions presque instinctives qui ont lieu dans cette partie du cerveau. Donc ce cerveau reptilien, il se développe très vite et il se développe proportionnellement à la croissance de l'enfant ensuite. Vous avez par-dessus, littéralement par-dessus, autour le cerveau limbique. Le cerveau limbique, c'est une partie du cerveau dans laquelle on trouve le siège des émotions. C'est C'est-à-dire que dans ces connexions neuronales, que sont codées les émotions. Alors les émotions, c'est quelque chose de compliqué, qui passe par la production d'hormones, par des réactions physiologiques, comme le cœur qui bat, etc. Mais en tout cas, c'est dans cette partie du cerveau que tout se passe, dans le cerveau limbique. Et cette partie du cerveau, elle se développe considérablement vers cet âge-là, de 2 à 4 ans. Et la troisième partie du cerveau, quant à elle, qui est... qui est le cortex frontalien, ne se développe pas au même rythme. Et c'est comme si elle était beaucoup plus petite, proportionnellement à la tête de l'enfant, que le cerveau limbique dans cette tranche d'âge-là, entre 2 et 4 ans. Donc c'est évidemment très embêtant parce que cette troisième partie, c'est Celle qui est essentiellement responsable du raisonnement et de la prise de décision réfléchie. Ce n'est pas un hasard si on parle de l'âge de raison vers 6 ou 7 ans. C'est parce que cet esprit rationnel, il se développe tard chez l'enfant. Et du coup, l'enfant se retrouve débordé par ses émotions. En fait, il se retrouve débordé par ses... Il se retrouve débordé par toutes ces émotions sans pouvoir faire agir l'esprit rationnel dessus. Cette partie du cerveau liée à la prise de décision se situe vraiment tout en haut du cerveau, en particulier la zone juste derrière le front, dans ce qu'on appelle le néocortex. Petit à petit, l'enfant va développer ce néocortex. Et il sera capable de réfléchir, de prendre conscience de ses émotions, et d'agir malgré ses émotions. Par exemple, d'avoir peur avant quelque chose, mais d'agir quand même. De se mettre en colère, mais malgré tout de rester calme. Tout ça, c'est lié à une prise de décision, à un cerveau rationnel. Et ce n'est pas... Un outil qui est encore vraiment disponible pour notre enfant entre 2 et 4 ans. Donc voilà les deux grandes raisons pour lesquelles notre enfant vit ces crises de colère et de violence. La construction de l'ego d'un côté et la construction du cerveau qui n'est pas achevée. Et d'ailleurs, ce qui est intéressant pour les parents qui ont des plus grands enfants, c'est que ce déséquilibre entre le développement du cerveau limbique lié aux émotions et le développement du cerveau du néocortex lié au raisonnement, il se retrouve aussi à l'adolescence. C'est-à-dire que... nos adolescents aussi se retrouvent débordés par leurs émotions. Et donc c'est pour ça que souvent on parle de pré-adolescence chez ces jeunes enfants qui vivent des crises, parce qu'on retrouve effectivement certains comportements qui sont assez similaires. Et bien, c'est tout simplement parce qu'au niveau du cerveau, il se passe des choses assez similaires. Et c'est amusant parce que Maria Montessori, sans avoir accès évidemment aux IRM, etc., que l'on a aujourd'hui, avait repéré cette similarité entre la grande période, entre les et 6 ans, et la période entre 12 et 18 ans, avec cette construction à faire. Mais ce qui est admirable, c'est qu'elle n'avait repéré ça que grâce à ses observations des enfants, ce qui est profondément admirable. Bon, maintenant qu'on en connaît les causes, c'est très bien, mais vous vous demandez peut-être ce que l'on peut faire pour y remédier. Encore une fois, tout va dépendre de l'enfant, de la crise, il y a sans doute des choses plus fines à tenter, mais voilà trois grandes pistes qui s'applique à de nombreux cas, c'est pour ça que je voudrais les partager avec vous aujourd'hui. Première piste, et elle ne va peut-être pas vous faire plaisir, j'en suis désolée, mais quel modèle donnons-nous à notre enfant
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est bien simple, l'objectif est de lui apprendre à réagir à ses émotions de façon acceptable. Acceptable, c'est-à-dire sans se faire de mal à lui-même, sans faire de mal aux autres, et autant que possible à vivre ses émotions de façon raisonnable. Bien sûr qu'il peut se mettre en colère, ça n'est pas une raison pour tout fracasser dans sa chambre. Eh bien nous-mêmes, lorsque nous nous mettons en colère, comment réagissons-nous
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que nous poussons des cris
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que nous cassons des choses
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que nous avons des gestes de violence envers nous-mêmes, envers quelqu'un d'autre, envers des objets
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment réagissons-nous à nos crises émotionnelles
UNKNOWN?
Language Tools To Replace Biting
SPEAKER_00Parce qu'évidemment, nous allons servir de modèle à nos enfants. Ils vont essayer de se construire en nous observant, en se disant« Ah, en fait, je pourrais faire comme ça. Je suis en colère.» C'est exactement comme quand maman est en colère, et quand maman est en colère, elle fait comme ça. Donc, je vais laisser exploser ma colère comme elle. Alors évidemment, c'est délicat, mais... l'une des premières choses à faire, c'est de s'observer et de se demander comment, nous aussi, nous gérons nos émotions fortes. Tout en sachant bien qu'évidemment, la fatigue, le stress, les conditions de vie difficiles, on peut avoir de l'anxiété pour tout un tas de choses, si l'un des membres du couple est au chômage, s'il a des difficultés financières, l'actuelle pandémie, il peut y avoir plein de raisons d'être stressé, anxieux, fatigué, et évidemment que ça va démultiplier nos émotions. Mais bon, nous avons un cerveau rationnel, donc nous pouvons faire davantage d'efforts pour contenir nos émotions. Alors non pas les contenir en les enfouissant au fond de nous, en les exprimant, mais en les exprimant de façon contenue et raisonnable. Première piste à explorer, quel modèle donnons-nous à notre enfant
UNKNOWN?
SPEAKER_00La deuxième grande piste à explorer, c'est le développement du langage. Où en est votre enfant dans le développement du langage
UNKNOWN?
SPEAKER_00Car c'est souvent une très grande source de frustration, surtout chez les très jeunes enfants. On parle du terrible tout qui commence à 18 mois, mais souvent les enfants ont plein de choses à exprimer et ils n'ont pas les moyens de l'exprimer. Ils aimeraient parler, mais ils n'y arrivent pas, ils n'arrivent pas à prononcer les mots, ils n'ont pas le vocabulaire, on ne les comprend pas. Donc c'est extrêmement frustrant. Et souvent, la violence intervient justement quand on n'a pas les mots pour exprimer ce qu'on ressent. En particulier les morsures. Souvent, les morsures viennent d'un déficit dans le langage. L'enfant voudrait exprimer quelque chose, il voudrait ouvrir la bouche, se faire comprendre. Il n'y arrive pas. Et du coup, il utilise quand même sa bouche, sa mâchoire.
UNKNOWNEt il mord. Et...
SPEAKER_00Si aucun de vos enfants n'a jamais mordu un autre enfant, vous avez beaucoup de chance. Ça arrive. Ça n'est pas grave. C'est malheureux pour l'enfant qui a été mordu. Il y a des choses qu'on peut faire pour aider à ce que ça ne se reproduise pas. C'est extrêmement fréquent. N'importe qui qui a travaillé en crèche vous le dira. Maintenant, il y a des enfants qui sont un peu plus mordeurs que d'autres. Et donc, on va essayer de faire en sorte que ça ne se reproduise pas trop souvent. Tout simplement. On va leur donner d'autres moyens d'exprimer ce qu'ils ressentent. Évidemment, ça passe par le développement du langage. Pour ça, à cet âge-là, le plus simple, le plus efficace aussi, c'est de parler avec son enfant, de le plonger dans un bain de langage quotidien. Alors ça ne veut pas dire parler tout le temps et sans cesse, mais ça veut dire avoir des échanges réguliers, s'il nous montre des choses, pouvoir lui dire leur nom, l'écouter et essayer de comprendre ce qu'il veut dire. Parfois, on a l'impression que les parents ont une espèce de superstition parce qu'ils décodent le mystérieux langage de leur bambin qui sort trois syllabes et à partir de là, les parents comprennent ce qu'il veut dire. Alors que n'importe quel étranger à la famille en restera bouche bée en se disant mais il a juste dit bafoucreux, ça ne veut rien dire. Bon, évidemment, ça, ça va aider. Mais ça prend du temps d'apprendre à parler. Certains enfants le font plus tôt que d'autres, il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Mais pour ceux qui parlent un peu plus tard et puis qui n'ont pas encore des phrases entières à leur disposition pour s'exprimer. Il peut être très utile d'intégrer au langage des signes issus de la langue des signes française. Il ne s'agit pas de parler en langue des signes française, de s'exprimer en LSF, ça évidemment c'est quelque chose qui est très utile aux personnes sourdes et malentendantes, mais là il s'agit simplement d'utiliser quelques signes dans une phrase entière. Par exemple, on On ne va pas là où une personne sourde dirait« je vais dehors pour me promener» en utilisant tous ces mots. Eh bien nous on va peut-être simplement signer avec notre enfant« dehors» ou« promenade» ou les deux et rien de plus. Et ça suffit à faire passer le message à notre enfant. On parle comme ça par petits mots simplement et en même temps on va quand même prononcer notre phrase. Veux-tu aller dehors pour te promener
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou il est temps d'aller dehors pour te promener
UNKNOWN?
Body Control Through Movement And Montessori
SPEAKER_00En signant dehors et promener. Ces signes peuvent être très utiles parce que souvent les enfants sont bien plus habiles de leurs mains que de leur bouche, leur langue, leur mâchoire, tout le système du langage oral. Et donc, nous, nous allons continuer à leur parler, mais eux, ils vont avoir à leur disposition, en plus du mot complet, un signe qu'ils peuvent employer et qu'ils vont maîtriser beaucoup plus tôt. Notre fils d'un an et demi, là, ne parle que très peu. Il a quelques mots à son actif, rien de plus, mais il a des signes. Il est capable de nous demander de l'eau en faisant le signe, il est capable de nous dire encore, il est capable de dire dodo, manger, des choses très simples, mais qui nous aident beaucoup pour mieux comprendre ses besoins. Un signe qui est très utile par exemple, c'est le signe aide-moi. Alors pour aide-moi, vous pourrez le trouver sur internet, ce sera plus visuel, mais on met la main sous le coude de l'autre côté, et on lève le coude avec cette main, c'est littéralement se donner un coup de main. Avec une main, on lève le coude, c'est aide-moi, comme si on faisait la courte échelle à notre bras de l'autre côté. Eh bien, ces petits signes peuvent éviter à l'enfant d'être frustré, de ne pas réussir à s'exprimer, et donc lui permettre de recourir au langage plutôt qu'à la violence. Troisième piste à explorer qui peut vraiment aider votre enfant à davantage maîtriser cette violence qui peut l'envahir quand il est en colère, c'est tout ce qui va l'aider à travailler la maîtrise de son corps. Il y a plein de petits sports pour tout petit qui sont très bien, la baby gym, le yoga, on trouve beaucoup de yoga pour tout petit maintenant, on fait des petites pauses toutes simples en respirant. Tous les exercices de respiration sont très utiles parce qu'ils aident l'enfant à se calmer. Le baby judo aussi, qui va apprendre à l'enfant à tomber correctement sans se faire mal, etc. Donc tout ça, ça va aider l'enfant à utiliser son corps dans le contrôle. ce qui va l'aider dans les moments de crise à justement garder le contrôle sur son corps, même lorsque les émotions le débordent un petit peu. Et dans tout le cadre de la pédagogie Montessori, il y a également un gros accent qui est mis sur cette maîtrise du corps, en particulier à travers les exercices de vie pratique. L'enfant, par exemple, va s'entraîner à marcher sur la ligne, en faisant différents types de pas, en marchant à petits pas de fourmis, les pieds collés l'un contre l'autre... Et rien que marcher sur la ligne, ça impose une grande concentration à l'enfant et un travail sur la maîtrise de son corps. Mais tous les exercices de vie pratique travaillent d'une manière ou d'une autre la motricité de l'enfant. Motricité plutôt globale, motricité plutôt fine. Mais elles invitent l'enfant à prendre le contrôle sur son corps, à le diriger avec grâce, avec délicatesse, Voilà, c'est le travail de la maîtrise et du contrôle. Donc si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à proposer à votre enfant qui peut se mettre facilement en colère, toutes sortes d'exercices de vie pratiques. Laissez-le bouger, laissez-le utiliser son corps et petit à petit, il arrivera d'autant mieux à le contrôler. Alors il y a bien d'autres choses que l'on peut faire. Je vous récapitule ces trois grandes pistes. Avant tout, quel modèle donnons-nous à notre enfant et réfléchir donc à notre propre comportement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Deuxièmement, comment peut-on l'aider
UNKNOWN?
SPEAKER_00au niveau du développement de son langage, pour s'exprimer par des mots plutôt que par la violence. Et enfin, que peut-on faire pour l'aider à maîtriser son corps
UNKNOWN?
Extra Tips, Book Pick, And Invitation
SPEAKER_00D'autres pistes que je vous lance un petit peu en vrac et sur lesquelles je reviendrai peut-être un jour dans un autre podcast, mais bon, je ne peux pas faire des podcasts d'une à deux heures. On peut prendre sa voix de commentateur sportif et commenter ce qui arrive à l'enfant.« Oh, on dirait que tu es en colère. Ton frère t'a pris le ballon des mains et j'ai l'impression que tu voulais le conserver.» Voilà, on peut commenter ainsi les événements. Il y a aussi plein de petits exercices que l'on peut faire pour aider le néocortex de notre enfant à se développer. On peut l'aider à se projeter, se projeter dans l'avenir, utiliser son imagination, développer sa conscience de soi. Bon, si vous avez le temps de lire le cerveau de votre enfant, vous aurez aussi plein de pistes dedans que je n'ai pas particulièrement explorées dans ce podcast aujourd'hui. Je devrais bien peut-être faire un épisode entier sur ce livre parce qu'il est très intéressant. Et comme je vous le disais, j'y reviendrai peut-être une autre fois. Par ailleurs, si vous avez, si vous ressentez le besoin d'être un peu plus guidé et de pouvoir exposer vos situations pratiques, concrètes et quotidiennes avec votre enfant, qui vont peut-être au-delà de ces causes les plus fréquentes aux crises de violence, je vous invite à rejoindre l'accompagnement à la parentalité et à l'IUF Montessori. Même si vous ne pratiquez pas l'instruction en famille, on a un certain nombre de familles qui sont là uniquement pour l'aspect parentalité et vous y trouverez largement votre compte parce que deux fois par mois on a ces fameuses rencontres par webcam interposées dont je vous parlais où on peut échanger quasi face à face avec moi-même évidemment mais aussi avec les autres membres de l'accompagnement et les deux autres semaines du mois donc deux fois par mois également il y a des salons de discussion où les membres de l'accompagnement peuvent échanger entre elles sans ma présence donc ce qui peut aussi alléger un petit peu la conversation libérer un peu la parole Et il y a bien sûr un groupe Facebook également d'entraide où chacune peut exposer sa situation et récolter des idées, des conseils ou simplement de bonnes questions à se poser de la part de tout le groupe. Je crois profondément en l'intelligence collective et qu'on avance beaucoup plus facilement ensemble que tout seul. Voilà pour aujourd'hui, je vous dis à très bientôt, à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. A bientôt votre petite souris 7, Anne-Laure.
UNKNOWNMerci.