Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros

310. Intelligence fixe ou en développement (Redif)

Anne-Laure Schneider Episode 310

Dans cette capsule parentalité du lundi, nous allons parler des théories implicites de l’intelligence et des travaux de Carol Dweck.

Constat de départ : certains enfants intelligents ne réussissent pas. On se dit qu’ils manquaient de confiance en eux donc on commence à les féliciter : tu as réussi, c’est formidable, comme tu es intelligent. Manque de chance, sur le long terme, ils ne réussissent pas forcément tandis que d’autres enfants, moins intelligents si on regarde uniquement les chiffres de QI, s’en sortent beaucoup mieux. On connaît tous des exemples comme celui-là.

D'où les travaux de Carol Dweck sur l’état d’esprit. Certains enfants ont une théorie de l’intelligence fixe : j’ai reçu mon intelligence à la naissance, maintenant je dois me conformer à cette image que l’on me renvoie. Devant un exercice difficile, ils prennent peur, se vexent, se fâchent et ne souhaitent pas recommencer. Ils fuient devant la difficulté. Si on leur laisse le choix entre deux exercices, un facile mais peu stimulant et un autre difficile mais plus stimulant, ils choisissent le plus facile.

D’autres ont une théorie de l’intelligence en développement : je peux progresser, m’améliorer, et je peux apprendre de mes erreurs. Ils se confrontent aux exercices les plus difficiles.

Nous avons une société à l’état d’esprit fixe. On glorifie les résultats, et si possible les résultats avec le moins d’effort possible.

Ce qu’on peut faire ? Arrêter de féliciter les enfants sur leur intelligence ou leurs résultats. On peut se réjouir avec eux de leurs accomplissements, mais si on se réjouissait aussi de l’effort fourni, des nouvelles stratégies apprises (ou écartées), de la réflexion menée et du cerveau qui s’est “musclé” ?

Et quand un enfant nous dit “Je n’y arrive pas”, si on lui disait simplement “C’est vrai, tu n’y arrives pas encore. Veux-tu te réentraîner demain ?”. Ainsi nous lui montrerons que nous valorisons la progression et l’apprentissage plus que la réussite.

Si vous avez aimé cette capsule Parentalité et que vous voulez avoir une chance de remporter deux jeux des éditions La Caverne, Mystic Les saints de la légende dorée et Dynastie Les Mérovingiens, il vous suffit d'aller mettre une note et un avis sur ce podcast, sur Apple podcasts (si vous avez un iPhone) ou iTunes (si vous avez un PC sur lequel vous pouvez la télécharger). Ne traînez pas, dès que nous aurons atteint les 100 avis je tirerai au sort le vainqueur !

Vous pouvez nous envoyer vos retours, suggestions et commentaires ici :

SPEAKER_00:

Bonjour and notre capsule parentalité du lundi avec les Montessori 7. Je suis Anne Lorschneider, formatrice Montessori and maman of 5 ans instruits in family. And the lundis, I'll parle de parentalité en m'appuyant sur l'approche montessaurienne and the discipline positive. Dans cette capsule parentalité du lundi, I souhaiterais vous parler des théories implicit de l'intelligence and des travaux de Carole Dweck. But I voudress a grand merci à Elsa qui a laissé cet avis sur iTunes, which m'a énormément touché. Super Anne-Laure, ce podcast is for me un moyen facile to continue à m'inspirer de ton travail de formatrice Montessori and of your expérience de maman IEFEuse avec 5 enfants. Je recommande chaudement ce podcast et les formations chez les Montessori 7. Anne-Laure est en or. Franchement, c'est d'avoir des stagiaires comme ça, qui est un cadeau du ciel. Donc merci beaucoup, Elsa. Tu es une stagiaire en or. N'oubliez pas qu'à l'occasion du lancement de ce podcast, j'ai lancé un concours et que je tirerai au sort parmi les 100 premiers avis la personne à qui j'enverrai deux petits jeux de société familiaux, le jeu dynastie, le temps des mérovingiens, et puis le jeu mystique, les seins de la légende dorée, des éditions La Caverne. Je crois qu'il y a déjà à peu près 22 avis, et il faut souvent un jour ou deux pour qu'Apple valide les avis. Donc ne traînez pas si vous voulez participer au concours. Je pense que le tirage au sort se fera très prochainement. Mais revenons-en à nos théories implicites de l'intelligence. Ça peut paraître des termes un peu compliqués, mais vous allez voir qu'en fait, c'est extrêmement simple. Prenons un constat de départ. Tous les enfants intelligents ne réussissent pas. Je parle de l'intelligence mesurée par des tests de QI, de façon assez scientifique, comme on sait le faire depuis à peu près 100 ans. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a qu'une seule forme d'intelligence, etc. Je parle purement de ces tests de QI. Tous les enfants intelligents ne réussissent pas. On se dit que c'est parce qu'ils manquent de confiance en eux. Donc on se met à les féliciter. Oh, tu as réussi à faire ça, c'est formidable, mais comme tu es intelligent, comme tu es fort en maths, comme tu es doué pour écrire, etc. Manque de chance sur le long terme, ces enfants intelligents, que l'on a énormément félicités sur leurs accomplissements, ne réussissent pas forcément non plus. Il y a une grande mode comme ça de se mettre à féliciter les enfants pour leur redonner confiance en eux. Et les résultats ne sont pas forcément au rendez-vous. Et d'autres enfants, moins intelligents en termes de QI purs, s'en sortent souvent beaucoup mieux et réussissent très bien leur vie. Et on connaît tous des exemples comme celui-là. Eh bien, c'est un peu le cœur des travaux de Carole Dweck, une psychologue, sur ce qu'elle appelle la théorie implicite de l'intelligence et grosso modo sur l'état d'esprit que les enfants ont vis-à-vis des apprentissages. Certains enfants ont une théorie de l'intelligence fixe. J'ai reçu mon intelligence à la naissance, je suis intelligent à ce point-là. Maintenant, je dois me conformer à cette image que l'on me renvoie. Ces enfants, devant un exercice difficile, ont tendance à prendre peur, to have peur d'être en échec, and ne pas répondre à cette image d'intelligence, à cette reputation qu'ils doivent préserver en quelque sorte. They se vexent, ils se fâchent, parfois ils ne souhaitent même pas recommencer un exercice du même niveau de difficulté. Bref, ils fuient devant la difficulté. Si on leur laisse le choix entre deux exercices, un plus facile mais peu stimulant, et un autre difficile mais plus stimulant et intéressant, eh bien ils risquent de choisir le plus facile. And de faire moins de progrès de manière générale, ce qui est quand même vraiment dommage. D'autres enfants, mais c'est aussi vrai pour les adultes évidemment, ont une théorie de l'intelligence en développement. Ça veut dire je peux progresser, je peux m'entraîner, m'améliorer, et surtout je peux apprendre de mes erreurs. À ce moment-là, les enfants qui ont développé cette théorie de l'intelligence en développement sont prêts à se confronter aux exercices même les plus difficiles, parce qu'ils savent qu'ils vont en retirer quelque chose et qu'ils vont apprendre. De manière globale, nous avons plutôt une société à l'état d'esprit fixe. Ce qu'on glorifie, ce sont les résultats. Et si possible, les résultats avec le moins d'efforts possible. On glorifie la personne qui reste mince sans faire le moindre effort, sans faire attention à son alimentation, sans faire de sport. On glorifie le sportif au talent inné, qui n'a quasiment pas besoin de s'entraîner, plutôt que le bosseur acharné qui passe des heures et des heures à s'entraîner sur les cours de tennis, par exemple. Je l'ai aussi vécu au lycée. J'étais dans un internat et nous étions trois à être toujours les trois premières de la classe. Et comme j'étais en internat, tout le monde voyait les autres travailler pendant les périodes d'études. Et de mon côté, j'avais la réputation de ne quasiment pas travailler et de passer mon temps d'étude à lire. Alors à l'époque, je crois que je lisais facilement trois livres par semaine. Et donc tous les autres élèves se disaient ⁇ Oh, mais comment elle fait? Elle réussit, elle a eu une super bonne note alors qu'elle n'avait encore rien fait. Mais la conséquence, c'est que je ressentais une espèce de pression pour maintenir cette réputation de réussir sans travailler. Et j'ai assez peu travaillé au lycée. Ou alors, ce que je faisais, c'est que je travaillais beaucoup pendant les cours pour cacher en étude le fait que j'avais quand même eu besoin de travailler et de faire des exercices. Mais du coup, en étude, je faisais autre chose, puisque les exercices, je les avais faits pendant les cours. J'ai eu la chance que ça passe pendant mes années de lycée. Mais j'aurais tout aussi bien pu complètement couler. Et je sais que certains adolescents coulent justement au moment du collège ou du lycée, parce qu'en primaire, ils ont réussi assez brillamment, sans me faire d'efforts particuliers, en travaillant à peine. Et du coup, ils se disent que s'ils se mettent à travailler, c'est un peu comme s'ils reconnaissaient qu'en fait, ils ne sont pas aussi intelligents qu'ils se l'imaginent, et que leur entourage se l'imagine, in particularly les parents, ou les professeurs aussi parfois. Alors, what peut-on faire pour essayer d'encourager chez l'enfant une théorie d'intelligence de développement plutôt qu'une théorie de l'intelligence fixe? Eh bien, on peut commencer par arrêter de féliciter les enfants sur leur intelligence ou leurs résultats. On peut se réjouir avec eux de leurs accomplissements, bien sûr, toujours, mais pourquoi ne pas se réjouir aussi de l'effort consacré à un sujet, des nouvelles stratégies qui ont été apprises ou même écartées, des nouvelles stratégies qui n'ont pas fonctionné, mais qu'on a pu tester et dont on sait maintenant qu'elles ne sont pas adaptées à la situation. Si l'on se réjouissait de la réflexion que l'enfant a menée, de son cerveau qui s'est musclé, alors le cerveau n'est pas un muscle, mais il est un peu la même mécanique que dans un muscle, où plus on travaille, plus les connexions neuronales se renforcent. C'est un peu comme un muscle qui se développe. C'est un point sur lequel je reviendrai dans les prochaines capsules Montessori et Parentalité pour vous montrer comment les félicitations et les encouragements peuvent être mieux utilisés pour aider nos enfants à accomplir pleinement leur potentiel. Mais un dernier petit conseil pour la route, au moins pour ce début de semaine, quand un enfant nous dit je n'y arrive pas, si on lui disait simplement C'est vrai, tu n'y arrives pas encore. Veux-tu te réentraîner demain? Ainsi peut-être que nous pourrons lui montrer que nous valorisons la progression, l'apprentissage, plus que la réussite. Si vous avez aimé cette capsule parentalité, surtout n'oubliez pas de laisser une note et un avis sur Apple Podcast, si vous avez un appareil Apple, ou sur iTunes si vous avez un PC, pour participer au concours et avoir une chance de remporter les deux jeux des éditions La Caverne. J'espère que cette petite capsule vous aura été utile. Prenez bien soin de vous tous. Votre petite sourisette, Anglar.